preparatory:AB 338905
Fivaz Fabien · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2024-05-29
Wortprotokoll
La formation, la recherche et l'innovation sont au coeur du modèle de la réussite économique suisse. La Confédération y contribue de manière décisive: elle soutient la formation professionnelle, les hautes écoles, les institutions de recherche et les programmes d'innovation.
Si la Suisse a un taux de chômage des jeunes aussi bas, c'est grâce à la formation professionnelle initiale, qui prépare aux métiers de demain et fournit aux entreprises une main-d'oeuvre hautement qualifiée. Notre modèle est envié. Des délégations du monde entier visitent la Suisse précisément pour savoir comment nous faisons pour réussir si bien dans ce domaine, pour motiver les entreprises à engager des jeunes et à les former, mais aussi pour savoir comment fonctionnent nos passerelles qui permettent de rester au meilleur niveau en se formant tout au long de la vie.
Nos hautes écoles, qu'elles soient universitaires, spécialisées ou polytechniques, sont parmi les meilleures au monde, que ce soit au niveau de la formation ou de la recherche. Elles fournissent des personnes hautement qualifiées à l'économie et permettent l'innovation nécessaire pour relever les défis de notre temps. Mais tout n'est pas parfait non plus. Dans un système aussi compétitif, de nombreuses personnes rencontrent des difficultés au moment de la formation ou plus tard dans la vie, en particulier après une interruption de travail. Notre système est ainsi fait qu'il favorise les personnes les mieux formées, qui ont, à travers leur emploi, plus de facilité à trouver et financer leur formation continue. Pour [PAGE 859] les autres, les programmes existants sont aujourd'hui insuffisants. La Confédération doit contribuer de manière décisive à la formation tout au long de la vie.
Dans le domaine de l'innovation aussi, le modèle suisse est en danger. De récentes études ont montré que la capacité d'innovation des petites et moyennes entreprises diminuait rapidement. Confrontées à des coûts importants, à des technologies de plus en plus complexes et à la compétitivité internationale, nos PME peinent à innover. C'est aussi à la Confédération de jouer ici un rôle central, à travers le financement des centres de compétences technologiques ou le développement de programmes comme Innosuisse.
La consultation, qui a été conduite pour la première fois sur le message FRI, a montré l'ampleur des attentes et des besoins. En moyenne, pour maintenir les acquis, c'est-à-dire compenser la hausse des charges et accompagner la hausse des effectifs et des demandes, il faudrait en réalité une augmentation moyenne annuelle de plus de 2,5 pour cent. Avec l'augmentation de 1,6 pour cent proposée par le Conseil fédéral, ou de 1,7 pour cent proposée par la commission, nous sommes très loin de ce chiffre. Pour compenser, les cantons devront mettre la main au porte-monnaie et les hautes écoles, peut-être, diminuer la voilure.
C'est aussi la qualité de l'enseignement qui va diminuer. Ces dernières années, le taux d'encadrement des étudiantes et étudiants s'est largement dégradé. Aux niveaux bachelor et master, en dix ans, on est passé de 27 étudiantes et étudiants par enseignant en 2013 à plus de 35 aujourd'hui. Ces chiffres sont ceux du domaine des EPF. Pour les mettre en perspective, j'aimerais préciser qu'alors que le nombre des étudiantes et étudiants a augmenté de 29 pour cent les moyens alloués par la Confédération n'ont, eux, augmenté que de 13 pour cent. Pour pallier cette différence, l'EPFL va introduire un numerus clausus pour les étudiantes et étudiants étrangers. Nous allons peut-être, dans quelques instants, tripler les taxes d'études pour ces mêmes étudiants, comme le propose la commission, une proposition que le groupe des Verts vous demande de refuser. Non associé aux grands programmes européens Horizon Europe et Erasmus plus, notre système est de plus en plus marginalisé sur la scène internationale. Ce n'est pas le moment de lui imposer des économies drastiques.
Nous entrerons évidemment en matière sur l'ensemble des arrêtés et nous vous proposons de soutenir notre proposition d'augmenter globalement de 2,5 pour cent les moyens alloués au domaine FRI. C'est la seule proposition qui permette de maintenir notre attractivité et notre compétitivité. En réponse à la consultation, c'est la proposition de la majorité des cantons, c'est la proposition de la majorité des syndicats et de nombreuses associations économiques.
Merci de soutenir notre proposition.