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Andrey Gerhard · Nationalrat · Freiburg · Grüne Fraktion · 2026-06-03

Wortprotokoll

In den USA können wir beobachten, wohin es führt, wenn ein Geheimdienst Gerichte ignoriert und Aktivistinnen überwacht und wenn Algorithmen Profile erstellen, ohne dass jemand die Kriterien kennt. Das hat einen Namen: Kontrollstaat.

Die Revision des Nachrichtendienstgesetzes macht einen bedenklichen Schritt in diese Richtung. Der liberale Rechtsstaat überwacht keine legitime politische Betätigung - das war die Lehre aus dem Fichenskandal, verankert im Nachrichtendienstgesetz. Die Revision weicht diesen Grundsatz systematisch auf. Neu darf der NDB Informationen über politische Aktivitäten beschaffen, wenn er das mit Schutz, Führung des Nachrichtenverbunds oder administrativen Aufgaben begründet. Das sind Gummibegriffe, mit solchen Ausnahmen ist jede Schranke wertlos. Denn was heisst das konkret? Künftig genügt der Begriff "gewalttätiger Extremismus", damit der NDB die ganze Palette genehmigungspflichtiger Beschaffungsmassnahmen anordnen kann, vom Abhören bis zum Eindringen in den Computer. Wer entscheidet, welche Bewegung darunterfällt, etwa die Pro-Palästina-Proteste? Faktisch entscheidet der NDB selbst, bei schwacher Kontrolle, und diese Kontrolle wird noch weiter gelockert.

Beim Eindringen in ausländische Computersysteme soll bei Dringlichkeit sogar die politische Freigabe entfallen, und mit der Einführung des Begriffs "Cyberraum" erhält der NDB ein Tätigkeitsfeld ohne gesetzliche Grenzen, das heute vom Stromnetz bis zu Ihrem vernetzten Kühlschrank reicht. Wer den überwachten Raum so weit fasst, definiert die Schranken der Überwachung nicht. Das bringt nicht mehr Sicherheit, sondern weniger Grundrechte.

Dazu kommt ein veritabler rechtsstaatlicher Skandal: Das Bundesverwaltungsgericht hat die Funk- und Kabelaufklärung als verfassungs- und menschenrechtswidrig eingestuft und den stärkeren Schutz journalistischer Quellen und des Anwaltsgeheimnisses verlangt. Der NDB akzeptiert das Urteil. Trotzdem baut das Grundpaket die Befugnisse aus und verlängert die Aufklärungsaufträge - während das Gericht Einschränkungen verlangt. Die geforderten Garantien vertagt der Bundesrat. Wer ein rechtskräftiges Urteil so behandelt, nimmt die Gewaltenteilung nicht sonderlich ernst.

Weiter sollen Ortungsgeräte ohne richterliche Genehmigung eingesetzt werden. Für biometrische Daten und Gesichtserkennung fehlt eine klare gesetzliche Grundlage, und neu kommt KI-Profiling hinzu, ohne Schranken dafür, was zulässig ist, wie lange Profile bleiben und wer kontrolliert. Das Bundesgericht hat 2024 zum Luzerner Polizeigesetz festgehalten, automatisierte KI-Analyse ohne klare Grundlage sei ein unverhältnismässiger Grundrechtseingriff. Diese Vorlage ignoriert das.

Sicherheit und Rechtsstaat sind keine Gegensätze, sie bedingen sich. Wer sie gegeneinander ausspielt, verliert am Ende beides. Diese Vorlage gibt mehr Macht und weniger Kontrolle, ausgerechnet einem Dienst, der schon heute Mühe hat, die Schranken einzuhalten, wie unsere Geschäftsprüfungsdelegation mehrfach feststellen musste. Das schützt niemanden, sondern bereitet das Terrain für einen nächsten Fichenskandal vor. Wir bitten Sie, masszuhalten und wenigstens einigen unserer Verbesserungsvorschläge zu folgen.

Aux États-Unis, nous voyons où cela mène quand un service de renseignement ignore les tribunaux, surveille des militantes et laisse des algorithmes profiler des citoyens et citoyennes selon des critères inconnus. Cela porte un nom, c'est le "Kontrollstaat", l'État contrôleur. La révision de la loi sur le renseignement (LRens) fait un pas inquiétant dans cette direction.

L'État de droit libéral ne surveille pas l'activité politique légitime. Ce fut la leçon du scandale des fiches, inscrite à l'article 5 de la LRens. La révision érode ce principe systématiquement. Désormais, le SRC pourra recueillir des informations politiques s'il invoque la protection des organisations, la conduite du réseau de renseignement ou des tâches administratives[NB]; des notions élastiques, extrêmement élastiques. Avec de telles exceptions, toute limite est sans valeur.

Concrètement, la seule notion d'extrémisme violent suffira à ordonner des mesures de recherche soumises à autorisation, de l'écoute à l'intrusion informatique. Or, cette notion n'est définie que vaguement. Qui décide quels mouvements on surveille, par exemple, les manifestations pro-palestiniennes[NB]? Le SRC lui-même, sous un faible contrôle préalable. Ce contrôle est encore allégé[NB]: pour l'intrusion dans des systèmes à l'étranger, l'aval politique pourra tomber en cas d'urgence.

Avec l'introduction de la notion de cyberespace, le SRC se voit confier un champ d'action sans limites légales, qui s'étend aujourd'hui du réseau électrique à votre frigo connecté. Qui ne définit pas l'espace ne définit pas les bornes de la surveillance. Ce n'est pas plus de sécurité, c'est moins de droits fondamentaux.

S'y ajoute un scandale d'État de droit[NB]: le Tribunal administratif fédéral a jugé l'exploration radio et l'exploration du réseau câblé contraires à la Constitution et aux droits humains et il a exigé une meilleure protection des sources journalistiques et du secret de l'avocat. Le SRC a accepté ce jugement. Pourtant, le Conseil fédéral veut des compétences supplémentaires et prolonge les mandats d'exploration, alors que le tribunal demande des restrictions. Traiter ainsi un jugement entré en force, c'est mépriser la séparation des pouvoirs.

En outre, les dispositifs de localisation pourront être utilisés sans autorisation judiciaire. Pour les données biométriques et la reconnaissance faciale, la base légale claire manque. S'y ajoute encore le profilage par l'intelligence artificielle sans règles, ce qui est illicite, sur la durée de la conservation et le contrôle. Le Tribunal fédéral a établi en 2024, concernant la loi lucernoise sur la police, qu'une analyse automatisée par l'intelligence artificielle sans base légale claire est une atteinte disproportionnée aux droits fondamentaux. Cette révision l'ignore.

Le groupe des Verts est pour la sécurité, mais sécurité et état de droit ne s'opposent pas. Celui qui les dresse l'un contre l'autre perd en fin de compte les deux. Ce projet donne plus de pouvoir et moins de contrôle à un service qui méconnaît déjà les limites en vigueur. Cela ne protège personne. Cela prépare le prochain scandale des fiches.

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