Recordon Luc · Nationalrat · 2005-06-01
Recordon Luc · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2005-06-01
Wortprotokoll
Sur ce point, au nom de la majorité du groupe des Verts - nous ne sommes pas unanimes -, vous me permettrez, si j'ose cette plaisanterie plus que facile, de m'exprimer comme un "hard Vert" et pas comme un "soft Vert", même si c'est sur une question essentiellement de logiciels. En effet, la question qui se pose ici, c'est exclusivement: voulons-nous économiser sur le dos de Bill Gates et de Microsoft, ou voulons-nous continuer à jeter dans son tiroir-caisse les dollars que lui permet sa position monopolistique? Alors qu'il existe, au sein même de l'administration fédérale, des solutions, appelées "logiciels libres", qui garantissent et l'indépendance informatique - et Dieu sait qu'elle est aussi importante que l'indépendance énergétique - et la gratuité des coûts de licence.
Savez-vous qu'il y a 36 000 PC dans l'administration fédérale pour 35 000 fonctionnaires, et que sur chaque PC, rien que pour la bureautique, on dépense chaque année 350 francs qui vont dans la poche de Microsoft, pour une prestation qu'on pourrait avoir gratuitement et de manière évolutive, avec des solutions telles que Linux ou d'autres logiciels libres? C'est le lieu ici de dire que je n'ai aucun intérêt dans la maison Linux, si ce n'est que j'utilise ses produits, et que je constate que cela marche, et que je n'ai évidemment pas plus d'intérêt - moins encore - dans la maison Microsoft. Je me demande d'ailleurs pourquoi, dans l'administration fédérale, après tous les rapports que Monsieur Rey a élogieusement cités, on en est encore à faire des rapports et à nous dire qu'on est encore prêts à ouvrir la discussion: mais passons aux actes! Le Tribunal fédéral est entièrement sous logiciels libres, cela fonctionne! L'administration fédérale fait des économies avec cela.
Pour une fois qu'on a ici une économie ciblée, chiffrable, raisonnable, qui ne met absolument pas, Monsieur Burkhalter, en péril l'ombre d'une sécurité informatique ou d'une efficacité administrative! Allez voir au Tribunal fédéral, cela fonctionne! C'est même très convivial pour ceux qui veulent commander des jugements à distance. Il y a eu une amélioration de qualité en parallèle à l'instauration des logiciels libres. Evidemment, on préfère nager dans le confort de l'habitude, on préfère s'en remettre au train-train de certains informaticiens, alors que d'autres piaffent d'impatience d'essayer de mettre cela en place, comme cela a été le cas dans plusieurs administrations publiques à l'étranger, en France notamment. Je ne vois donc pas au monde pourquoi ces 8, 12 ou 14 millions de francs, sommes modestes et extrêmement ciblées, pourraient poser un problème.
A cet égard, je me permets de dire à Monsieur Burkhalter que c'est l'hôpital - peut-être de Pourtalès!- qui se fout de la charité, parce que, quand même, nous dire que le chiffrage est léger ici alors qu'un calcul a au moins été fait, quand on voit l'ensemble des autres propositions dans ce programme d'économies où on aligne des noix sur un bâton et où on a vraiment pris cela au pifomètre - je l'ai dit lors du débat d'entrée en matière et je le redis -, c'est vraiment se moquer du monde! Je vous refais le calcul: si on ne prend que - et Dieu sait qu'il n'y a pas que cela - les logiciels de bureautique à 350 francs par année, et comme il y en a 36 000, on atteint déjà la somme de 10 millions de francs passée. Alors si vous prenez tous les autres logiciels, même si vous déduisez des coûts de mutation informatique - et il y en aura -, vous arrivez avec un programme progressif à penser que 8, 12 et, avec un certain tassement, 14 millions de francs est une estimation raisonnable. Ce n'est pas un chiffrage d'experts, on est d'accord. C'est quand même largement plus argumenté qu'à peu près tout ce que nous avons voté jusqu'ici dans ce programme d'allègement budgétaire.
Je vous invite donc, parce que la population aussi en a assez de voir des gaspillages stupides, à donner l'impulsion nécessaire pour que, au moins dans un cas facile en informatique, on secoue ceux qui ne veulent pas bouger, ceux qui sont trop amis de Microsoft et que l'on décide de faire un pas aussi en direction de notre indépendance informatique.