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preparatory:AB 139662

Hodgers Antonio · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2012-05-31

Wortprotokoll

Lorsque l'on parle de réseau routier, il est commun de rappeler à quel point la mobilité automobile a augmenté ces dernières années et qu'il faut, par conséquent, planifier les infrastructures permettant d'absorber une augmentation future de la même ampleur. Il est vrai - ç'a été dit - que depuis les années 1960, le volume de trafic voyageurs a été multiplié par cinq. Mais est-ce que ça veut dire que l'on doit continuer à investir dans des infrastructures routières qui vont répondre à un besoin qui lui va encore se multiplier par cinq d'ici vingt ou trente ans? Cela est faux. Parce que tout d'abord, quand l'on prétend répondre aux besoins de déplacement automobile, on oublie une chose, c'est que contrairement à la plupart des secteurs d'activité économique, en matière de mobilité, c'est l'offre qui crée la demande et non l'inverse. Si vous donnez à une certaine population de très bonnes infrastructures de transports publics, elle prendra beaucoup plus les transports publics que si vous donnez à cette même population une très forte infrastructure autoroutière.

Donc il faut bien considérer qu'en matière de transports, c'est bien l'offre qui crée la demande et non la demande qui crée l'offre. Et, dans cette optique, il convient de planifier la mobilité du futur, celle des dix, vingt ou trente prochaines années, en tenant compte d'une certaine conception des déplacements qu'il faut planifier en matière de mobilité et non extrapoler à partir de la forte croissance de la mobilité automobile de ces dernières décennies.

Pensez-vous réellement que la voiture individuelle soit l'avenir de la mobilité en Suisse? Je ne le crois pas. Les Verts ne le pensent pas. L'âge d'or de la voiture touche à sa fin. On peut au mieux gérer les capacités routières existantes et on pourra peu à peu aller vers une réduction de ces capacités.

Notre pays s'est fixé comme objectif en matière de diminution de CO2 d'atteindre moins 20 pour cent d'ici 2020. On en est encore loin et les transports sont l'un des principaux facteurs d'émission de CO2. Bien que les technologies de motorisation aient fait de grands progrès en matière de baisse de la consommation, l'augmentation du nombre de voitures, combiné à l'augmentation du nombre de kilomètres parcourus et du poids de ces véhicules fait qu'au final, on émet aujourd'hui de plus en plus de gaz à effet de serre.

Le Conseil fédéral a décidé d'entamer, avec courage, le virage énergétique pour la sortie du nucléaire. Or, les transports privés consomment 37 pour cent de l'énergie finale en Suisse. Il serait pour le moins illogique qu'au même moment où l'on doit faire des économies d'énergie, l'on vote des infrastructures augmentant la dépense d'énergie.

Les Verts, sur ce projet concret, acceptent la reprise par la Confédération des 376 kilomètres de routes qui deviendraient dès lors des routes de compétence nationale. Ce projet est logique en matière de répartition de compétences. Il a été promis aux cantons et il faut tenir nos promesses. Il [PAGE 793] est aussi normal que la Confédération bénéficie des moyens financiers nécessaires à l'entretien et à l'exploitation de ces nouvelles routes dont elle a la responsabilité. Cependant, les Verts sont très sceptiques sur les investissements massifs qui sont prévus pour construire de nouveaux tronçons. En effet, à notre avis, les capacités routières de la Suisse ne doivent pas augmenter.

Nous reviendrons dans la discussion par article sur le détail de notre position, sur le prix des vignettes et sur les tronçons. En l'état, les Verts recommandent l'entrée en matière sur les quatre projets qui vous sont soumis.