preparatory:AB 157145
Berset Alain · Ständerat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2009-08-10
Wortprotokoll
Chers collègues, vous le savez: notre collègue Ernst Leuenberger n'est plus. Il s'est éteint, à l'âge de 65 ans, le 30 juin dernier, au terme d'une longue maladie. Ainsi se trouvait interrompue une vie d'un cours et d'une intensité exceptionnels, une vie guidée à la fois par l'idée de la solidarité et l'exigence du progrès social et tendue vers eux.
A sa famille et à ses amis, je voudrais présenter aujourd'hui les condoléances attristées du Conseil des Etats. Le canton de Soleure et la Suisse tout entière ont perdu l'un de leurs hommes politiques les plus éminents et les plus brillants. Quant à nous, nous voilà privés d'un collègue formidable, dont l'enthousiasme et le caractère forçaient l'admiration.
Adepte du franc-parler, allant toujours à l'essentiel, Ernst Leuenberger n'en avait pas moins le sens de la nuance. Ces qualités lui avaient valu d'acquérir une popularité réelle qui dépassait de beaucoup les frontières de son canton d'origine et avaient fait de lui une figure politique unanimement respectée et appréciée. Toujours proche des gens, il aimait à ausculter les préoccupations de ses contemporains pour savoir - comme il le disait - "ce que les gens pensent vraiment". Homme de coeur, politique dans l'âme, ce qu'il voulait avant tout, c'était faire bouger les choses; une volonté qui ne l'a jamais quitté, même dans son combat contre la maladie. Ernst Leuenberger était de ceux pour qui la politique n'est pas séparable d'une ferveur chaleureuse et puissante, faite de courage, de souci de l'autre et de désir d'agir. Il était de ceux pour qui la politique vient du coeur. Il était de ceux pour qui la politique est le courage de l'action au service des plus ardentes convictions.
Ernst Leuenberger aura fréquenté le Palais fédéral pendant plus d'un quart de siècle. Il a commencé par siéger au Conseil national, de 1983 à 1999, avant d'être élu par le peuple soleurois, à l'automne 1999, au Conseil des Etats. Ainsi qu'il l'avait fait à la Chambre basse, Ernst Leuenberger s'y est affirmé comme un défenseur des travailleurs, un partisan des transports publics et un spécialiste des questions financières. Aussi n'est-ce certainement pas par hasard qu'il a présidé la Commission des finances, la Commission des transports et des télécommunications, ainsi que la Délégation des finances. Sa compétence et son engagement lui ont valu le plus grand respect, par-delà les clivages partisans. Esprit critique, redoutable orateur, il pouvait parfois se révéler très direct, n'hésitant pas à mettre le doigt sur des points sensibles et à rappeler certaines vérités à ses contradicteurs comme à ses collègues de parti.
L'élection d'Ernst Leuenberger à la présidence du Conseil national en 1998 demeure sans conteste l'un des grands moments de sa carrière politique. Pour la première fois dans l'histoire de l'Etat fédéral moderne, en effet, le Conseil national était présidé par un syndicaliste engagé. Ernst Leuenberger y voyait d'ailleurs une forme de reconnaissance du rôle des acteurs sociaux, en particulier dans le contexte socioéconomique difficile de l'époque.
Chers collègues, vous le savez: Ernst Leuenberger avait en très haute estime la fonction du Parlement, une institution qu'il défendait sans relâche comme un lieu de débats indispensables à une démocratie. Si nous y repensons, nous l'entendons tous encore s'emporter, lors de la dernière session, au moment où notre conseil décida d'interrompre un débat sur une motion: "Ich protestiere feierlich dagegen, dass der Rat soeben das Diskussionsrecht jener beschnitten hat, die sich auch noch in die Rednerliste eingetragen haben. Ich halte das für einen sehr problematischen Vorgang, und ich bedaure ihn. Als Demokrat habe ich ihn selbstverständlich zu akzeptieren." (AB 2009 S 365)
Tout est là, dans cette citation: la défense du droit de parole du parlementaire, mais aussi le respect - toujours le respect - des décisions prises par la majorité. Malgré sa maladie, Ernst Leuenberger voulut appartenir jusqu'au bout au collège que nous formons; il se voulut jusqu'au bout un homme politique, un politique parmi ses pairs.
Lorsqu'il était passé du Conseil national au Conseil des Etats, Ernst Leuenberger avait promis que pour autant sa voix ne faiblirait pas. Une promesse qu'il aura tenue jusqu'au bout. Désormais, nous n'entendrons plus Aschi, comme on l'appelait: nous devrons nous y résoudre, quelle que soit notre peine.
La voix de notre collègue s'est éteinte trop tôt et sa forte personnalité nous manque déjà. Mais nous savons maintenant que nous avions affaire à un être d'exception, un homme de parole, un humaniste qui a su placer les autres au centre de ses préoccupations et de son action politiques.
Nous pouvons remercier Aschi pour ce qu'il a su nous donner, ce qu'il a su donner au Parlement et à la Suisse tout [PAGE 740] entière. A son épouse, à sa famille et à ses proches, je renouvelle les condoléances profondément émues et attristées du Conseil des Etats.
J'ai également le triste devoir de vous faire part du décès de Monsieur Hanspeter Fischer, ancien président du Conseil national et de l'Assemblée fédérale, survenu le 4 juillet 2009, au lendemain de son 79e anniversaire. A sa famille et à ses amis, je présente aujourd'hui les condoléances émues du Conseil des Etats.
Elu sur la liste paysanne de Thurgovie en 1963, Hanspeter Fischer était entré au Conseil national à l'âge de 33 ans. Bien qu'il fût alors le plus jeune membre du conseil, il ne tarda pas, de par son tempérament et sa vivacité d'esprit, à s'imposer sous la Coupole comme l'un des parlementaires les plus écoutés.
Issu du monde paysan, il s'intéressa tout naturellement en premier lieu à la politique agricole, avant de se saisir de nombreux autres dossiers ayant trait à l'économie, aux finances ou encore aux transports. En 1983, date de son retrait du conseil, il avait ainsi été membre de pas moins d'une centaine de commissions non permanentes. Sa renommée nationale, Hanspeter Fischer l'acquit surtout en 1977/78, lorsqu'il présida la commission chargée d'examiner les dépassements budgétaires provoqués par la construction du tunnel de la Furka. Il présida également le groupe parlementaire UDC de 1977 à 1979. C'est en 1979 que sa carrière atteignit son apogée, avec son accession à la présidence du Conseil national. Plutôt conservateur, Monsieur Fischer n'en était pas moins le contraire d'un esprit partisan. Son sens de l'humour et son enthousiasme communicatif pour la politique en faisaient un interlocuteur recherché et apprécié de tous.
Dans ces heures tristes, je voudrais assurer la famille et les proches de Monsieur Fischer de la sympathie de tous les membres du Conseil des Etats.
Je prie les membres du conseil ainsi que les personnes se trouvant dans les tribunes de se lever et d'observer une minute de silence pour rendre un dernier hommage à Monsieur Ernst Leuenberger et à Monsieur Hanspeter Fischer au nom du Parlement, qu'ils auront durablement marqué de leur empreinte.
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Der Rat erhebt sich zu Ehren der Verstorbenen
L'assistance se lève pour honorer la mémoire des défunts