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preparatory:AB 250367

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2019-09-12

Wortprotokoll

Nous recommandons d'accepter cette motion, mais je souhaite néanmoins dire quelques mots. Bien sûr, nous partageons l'avis de l'auteur de la motion: aujourd'hui, en Suisse, trop de personnes souffrent encore d'hépatite B ou C et des conséquences de ces maladies, et le Conseil fédéral s'est engagé à atteindre l'objectif de l'OMS d'éliminer, en grande partie, autant que possible, les hépatites virales d'ici à 2030. Pour atteindre cet objectif, il semble judicieux d'intégrer les hépatites B et C au prochain programme national VIH et autres infections sexuellement transmissibles.

Ce qu'on observe, c'est qu'en Suisse les cas d'hépatite B et C diminuent lentement mais sûrement. La tendance est à la baisse. Pour maintenir à un niveau bas le risque de transmission de l'hépatite B, qui peut se transmettre par voie sexuelle, la vaccination est recommandée, et je dois signaler aussi que, pour prévenir toute transmission de la mère à l'enfant, toutes les femmes enceintes bénéficient d'un test de dépistage. Grâce à cette stratégie, les cas d'hépatite B sont en diminution en Suisse depuis plusieurs années.

En ce qui concerne l'hépatite C, c'est un problème un peu différent. Le problème posé par la transmission de l'hépatite C date des années 50 à 60. C'était une époque à laquelle, dans le domaine médical, nous avons parfois eu affaire à des aiguilles insuffisamment stérilisées ou utilisées à plusieurs reprises et à des stocks de sang contaminé par l'hépatite C. De nombreux cas étaient aussi liés au milieu de la drogue: une flambée massive des cas d'hépatite C dans les années 90 fut provoquée par l'utilisation de seringues non stériles. Dans ce cadre, toute la politique de la drogue menée dans les années 90 jusqu'à aujourd'hui, avec l'introduction de seringues et de matériel à usage unique, a permis de réduire fortement ce type de transmission.

Aujourd'hui, on doit constater qu'il y a de nouveaux cas d'infection à l'hépatite C, mais ils apparaissent presque exclusivement chez les consommateurs de drogue. Cela dit, il y a un autre groupe à risque: celui des hommes positifs au VIH qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes, et ce bien que l'hépatite C ne soit pas considérée comme une maladie sexuellement transmissible au sens strict, puisqu'elle n'est véhiculée de cette manière que dans quelques cas.

C'est la raison pour laquelle il n'est pas prévu de dépister de grand groupes de personnes.

Je le disais aussi tout à l'heure dans la discussion en lien avec l'interpellation Stöckli 19.3706, "Réduire la charge de morbidité des maladies non transmissibles", nous souhaitons pouvoir effectuer les dépistages de la manière la plus efficace possible, ne pas avoir forcément de dépistage global pour l'ensemble de la population, parce que c'est une mesure qui ne nous paraît ni nécessaire ni même recommandée. Donc, nous allons nous atteler à améliorer la situation, comme vous le souhaitez, en regardant ce qu'il convient de faire et en tenant compte de cela dans l'élaboration du prochain programme national VIH et autres infections sexuellement transmissibles, qui est en cours d'élaboration. Il est prévu de le mettre en oeuvre entre 2022 et 2030, et il y a bien sûr beaucoup d'acteurs qui sont aujourd'hui invités à participer à l'élaboration de ce programme. Parmi ces acteurs, on trouve plus de soixante organisations et, bien sûr, l'Association Hépatite C Suisse.

Vous connaissez, Monsieur Damian Müller, les réticences du Conseil fédéral à aller dans un sens qui tendrait à dire que tout le monde doit être soumis à un test de dépistage, de manière automatique. Cela ne se fait pas non plus pour le VIH, il faut être très clair à ce sujet. Nous souhaitons qu'un dépistage soit possible, accessible, et qu'ensuite les traitements puissent être dispensés. Il a été question, un temps, d'instaurer un dépistage généralisé, mais cela ne nous paraît pas sous l'angle de la santé publique absolument souhaitable et nécessaire, même si, évidemment, certains acteurs le souhaitent. Nous, nous ne le souhaitons pas, parce que nous faisons passer l'importance de la santé publique et l'application de mesures qui sont vraiment efficaces avant tout le reste.

Je crois que par cette manière de procéder on peut faire le pas important que vous souhaitez voir fait, et c'est dans ce sens que le Conseil fédéral propose d'accepter votre motion.[GZ]

[VS][GZ]

Angenommen - Adopté

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