Darbellay Christophe · Nationalrat · 2007-03-14
Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2007-03-14
Wortprotokoll
Après deux jours de discussion, c'est l'heure de la paie du lait, et on a visiblement de nouveau affaire à une alliance contre nature - c'est une expression qu'on commence à entendre souvent - où l'on retrouve l'UDC et la gauche réunie. J'attends encore avec impatience la déclaration de Madame Genner pour le groupe des Verts, mais je peux bien croire que celui-ci s'associera à ses alliés traditionnels.
Aujourd'hui, les paysans sont pris en otage par la gauche réunie qui veut une politique agricole soi-disant durable, alors qu'on a un modèle qui est unique au monde et que tout le monde nous envie, qui est inspiré de celui mis en place par ses pères - Jean-Pascal Delamuraz et bien d'autres -, qui a été mis en oeuvre et qui vise la durabilité sur les plans économique, écologique et social.
Les modèles de Madame Genner et de Monsieur Hämmerle dans le domaine écologique relèvent plus de l'idéologie ou du dogme que d'une manière de cultiver la terre de ce pays d'une façon moderne et qui tienne compte des connaissances d'aujourd'hui. Bien sûr, vous préféreriez 150 millions de francs de plus pour augmenter les subventions à l'assurance-maladie et vous nous avez proposé de lier les paiements directs au contrat-type de travail. Je conçois que l'on défende le sort des travailleurs agricoles, mais personne dans cette salle n'est jamais venu demander de diminuer le salaire d'un employé de la Confédération ou d'un employé de la Poste ou des CFF parce qu'il employait une femme de ménage au noir. Les lois doivent être respectées et appliquées. C'est l'affaire de tous, car nous sommes dans un Etat de droit. Il n'y a aucune raison d'imposer ce genre de double sanction qui serait incorrecte.
Et puis, il y a le parti, autoproclamé, des paysans. Aujourd'hui, on pourra compter combien il reste d'agrariens chez vous. On pourra savoir si vous mettez en oeuvre le discours du "grand timonier", tel qu'il l'avait prononcé à l'OLMA, dans lequel il demandait un milliard de francs de moins pour [PAGE 301] l'agriculture. Monsieur Maurer, vous avez dit à quel point la situation est préoccupante, et là je vous rejoins, mais vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a pas assez d'argent parce que vous savez que c'est le grand timonier et d'autres qui ont voulu amputer l'an dernier de 500 millions de francs le projet de l'ancien conseiller fédéral Joseph Deiss lors des premiers débats sur la politique agricole. Cela, c'est la réalité! Quelle alternative proposez-vous aujourd'hui aux paysans? Quel est votre plan B? Quelle est votre vision? Pas de crédit-cadre? Une agriculture sans loi, sans stratégie, sans perspective? Une agriculture qui serait à la merci de nos décisions sur le budget chaque année? Pas de crédit-cadre! Ce n'est ni une garantie ni une assurance tous risques, mais enfin c'est quand même important pour les paysans de ce pays qui veulent continuer de pratiquer ce métier.
J'en appelle aujourd'hui à la raison qui veut qu'on soutienne l'agriculture, mais une agriculture qui doit évoluer. L'Union suisse des paysans n'a-t-elle pas dit que la direction était la bonne, qu'il y avait des aménagements à faire? Je constate que bon nombre d'aménagements ont été réalisés. Il ne faut pas faire de l'agriculture, qui est trop importante pour le pays sur le plan économique, écologique, culturel et social, un joujou de campagne électorale.
Je vous remercie de soutenir cette position et d'adopter au vote sur l'ensemble la "Politique agricole 2011".