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preparatory:AB 83005

Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-03-04

Wortprotokoll

J'essaierai de revenir à un discours plus serein, où l'invective n'est pas forcément l'axe principal.

Lorsqu'on examine le rapport de politique étrangère de l'année écoulée, on peut faire un bilan détaillé ou utiliser cet exercice pour se projeter dans l'avenir - c'est ce que Monsieur Fehr a fait, et ce que je ferai également. Pour le groupe socialiste, il est important, dans un monde globalisé, que la politique étrangère de la Suisse mette l'accent sur deux points essentiels.

Le premier est celui d'un projet de globalisation qui soit aussi orienté sur les plans social et environnemental: aujourd'hui, on ne peut pas simplement laisser les forces du marché mener cette globalisation. La Suisse, dans sa politique étrangère et dans son action, peut également contribuer à ce que cette globalisation tienne compte de la dimension sociale et environnementale.

Elle peut le faire notamment dans des cadres multilatéraux, que ce soit naturellement dans le cadre de l'Organisation internationale du travail, en renforçant les dispositions fondamentales de protection des travailleurs; elle peut le faire dans les cénacles internationaux relatifs à la définition d'une politique internationale en matière climatique ou de l'après-Kyoto, mais elle peut le faire également à plus petite échelle, chaque fois qu'un accord de libre-échange est négocié, avec les Etats BRIC ou d'autres Etats. Nous l'avons dit et nous le répétons: il y a aussi nécessité pour la Suisse d'intégrer dans la politique économique extérieure les dimensions sociale et environnementale.

On ne peut pas continuer aujourd'hui à faire une dichotomie entre d'une part une politique étrangère fondée sur un certain nombre de valeurs comme les droits humains, qui comprennent aussi les droits sociaux, et d'autre part une politique économique qui ne tienne pas compte de cet aspect. Il y a donc lieu de garder systématiquement à l'esprit cette préoccupation, et le Conseil fédéral doit trouver une solution pour assurer une certaine cohérence en la matière.

Le deuxième élément important de cette politique extérieure est la politique du développement. La communauté internationale, autour des Objectifs du Millénaire pour le développement, a décidé de réduire - et ce n'est pas forcément un objectif énorme - de 50 pour cent, et non totalement, la pauvreté sur cette planète. On aurait souhaité naturellement qu'elle ait comme objectif stratégique la suppression totale de la pauvreté sur cette planète. Cela dit, cet objectif nécessite déjà une mobilisation importante de ressources, c'est-à-dire que chaque Etat puisse consacrer le 0,7 pour cent de son produit intérieur brut à l'aide publique au développement. Malheureusement, au niveau de la Suisse, nous sommes extrêmement éloignés de cet objectif et il s'agit à l'avenir et relativement rapidement de l'atteindre. Que cela se fasse par étape ou que cela se fasse directement, c'est finalement un débat secondaire, mais il faut que l'objectif soit fixé.

D'ailleurs la population suisse, par une pétition qui a été déposée, est extrêmement attentive à cette question et attend une réponse du Conseil fédéral. Mais la crédibilité de la Suisse passe aussi par cette augmentation. On ne peut pas rester sur des montants relativement bas, alors que la communauté européenne voit que d'autres Etats en dehors de l'Europe font des efforts considérables pour accroître l'aide au développement. Mais cette crédibilité passe aussi par une cohérence entre l'aide économique au développement et l'aide au développement traditionnelle menée par la DDC.

Il y a donc lieu ici d'éviter de commencer à définir des politiques différenciées qui ne feraient qu'augmenter la bureaucratie, voire les divergences, voire les coûts, au sein de notre administration, et ceci aux dépens des projets sur le terrain. Finalement il y a également une politique européenne à développer - mon collègue vous l'a déjà dit, je n'entrerai pas dans le détail - mais je rappelle simplement que même en politique européenne, la dimension sociale et environnementale - mais sociale essentiellement - reste de mise. Ainsi, si nous sommes naturellement favorables à l'extension de la libre circulation et au renouvellement de celle-ci, il apparaît indispensable que des mesures d'accompagnement protégeant le marché du travail, mais aussi le marché du logement, soient adoptées.

Par ailleurs, cette politique au niveau de l'Europe et au niveau des Etats qui l'entourent vise également la stabilité et ceci est aussi indispensable, dans le cadre d'une politique plus générale, qui est celle de la promotion de la paix. On a déjà eu ce matin un débat à ce sujet.