00.3094 · Motion · 2000-03-22
Département de l'intérieur
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est invité à verser une contribution annuelle de 500 000 francs à la Fondation pour l'écrit au titre d'aide financière ordinaire au Salon international du livre et de la presse à Genève, la première fois en vue de la manifestation 2001.
Begründung
Le Salon international du livre et de la presse à Genève constitue un élément essentiel de la vie culturelle suisse. Depuis sa création en 1986, il accueille chaque printemps une foule considérable - quelque 120 000 personnes en 1999 pour seulement cinq jours d'exposition - autour de l'expression écrite, base fondamentale et inaliénable de la culture. A titre de comparaison, le salon de Paris n'attire que 180 000 visiteurs au sein d'une agglomération de 10 millions d'habitants. Après ce salon parisien, le salon de Genève constitue en termes de visiteurs la plus importante manifestation de toute la francophonie. Par son ouverture sur les quatre composantes culturelles du pays et l'hospitalité qu'il offre aux auteurs, éditeurs et lecteurs de toutes les régions linguistiques, il contribue de façon importante non seulement à la compréhension et donc à la cohésion nationale, mais aussi au rayonnement international de la Suisse. Le salon est d'ailleurs la seule manifestation annuelle d'envergure nationale à se tenir dans la partie latine du pays. Dans tous les pays comparables du monde, les salons analogues bénéficient d'un soutien régulier des pouvoirs publics.
La manifestation, dont le budget se situe régulièrement entre 3 et 4 millions de francs, lutte constamment contre de sérieuses difficultés financières. Les organisateurs peinent à réunir les fonds nécessaires à sa pérennité. L'Office fédéral de la culture reconnaît l'intérêt et l'équité qui commanderaient à la Confédération de soutenir le salon, mais ne semble pas en mesure d'y procéder à charge de son propre budget. Sur sa proposition, le Conseil fédéral a décidé une contribution unique de 500 000 francs à charge des bénéfices de la frappe des monnaies commémoratives en 1998. Ce montant a été versé en deux tranches à la Fondation pour l'écrit dont le but est le financement du salon et qui est placée sous la haute surveillance du Conseil fédéral.
Cette contribution extraordinaire a permis la survie du salon les deux dernières années, mais le besoin d'un soutien régulier est impératif.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de transformer la motion en postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
Le Conseil fédéral a déjà eu l'occasion de montrer l'intérêt qu'il porte au Salon international du livre et de la presse de Genève en le soutenant, en 1998, par une contribution unique de 500 000 francs à charge des bénéfices de la frappe des monnaies commémoratives.
Le Conseil fédéral est conscient de l'importance culturelle et commerciale du salon du livre de Genève. En effet, il joue un rôle positif pour l'image du livre qu'il rend populaire et proche d'un public très nombreux qui ne manque pas de témoigner sa sympathie, année après année, pour cette manifestation culturelle majeure en Suisse romande. Par ailleurs, le Conseil fédéral n'est pas indifférent à la portée commerciale et à l'importance économique du salon pour la branche du livre. En outre, il reconnaît la mission du salon dans le processus de reconnaissance du travail des auteurs et des éditeurs de Suisse.
Cependant, comme le révèle à juste titre la motion, l'Office fédéral de la culture n'a pour l'instant ni les bases légales, ni les moyens financiers qui lui permettent d'apporter un tel soutien au salon du livre de Genève. Le soutien qu'il accorde à l'édition et au livre se limite à une aide annuelle au titre de la participation à des foires à l'étranger et dont les éditeurs suisses profitent pour promouvoir les ventes de livres dans les différentes régions linguistiques.
De plus, l'Office fédéral de la culture et Pro Helvetia réfléchissent aux possibilités d'améliorer la promotion du livre et des éditeurs en Suisse : ils mènent actuellement, et conjointement avec les éditeurs et le SECO, une réflexion sur la répartition des tâches et sur les possibilités d'une meilleure collaboration et coordination en vue de renforcer la politique de soutien au livre.
A plus long terme, l'Office fédéral de culture étudiera la possibilité d'un éventuel soutien au salon du livre de Genève, dans le cadre de l'application de l'article 69 de la constitution.
Le Conseil fédéral propose de transformer la motion en postulat.