00.3535 · Motion · 2000-10-05
Chancellerie fédérale
Liquidé
Wortlaut
Dans la loi sur l'organisation du gouvernement et de l'administration et/ou dans les dispositions transitoires de la Constitution fédérale, on créera les bases juridiques nécessaires afin que la Suisse puisse abandonner la nouvelle orthographe allemande au profit de l'ancienne.
Begründung
Lorsque la "Frankfurter Allgemeine Zeitung" est revenue à l'ancienne orthographe allemande, ce qui devait arriver est arrivé : la réforme de l'orthographe allemande s'est révélée un échec. Malheureusement, à l'époque, les avertissements lancés par des experts du monde de l'édition et de l'imprimerie, mais aussi par la Deutsche Akademie für Sprache und Dichtung et par des écrivains allemands de renommée ("déclaration de Francfort" de 1996), n'ont pas été pris au sérieux. Quelques réformistes opiniâtres et utopistes, secondés par des tâcherons de l'État amoureux des réglementations à outrance l'ont emporté, comme d'habitude.
La tendance actuelle est à l'adoption d'une "orthographe maison", comme c'était inévitablement le cas autrefois, avant l'introduction de l'orthographe allemande unifiée de 1901. L'application de la nouvelle orthographe par la "Neue Zürcher Zeitung", précisée dans l'édition du 15 mai 2000, en est une parfaite illustration : il y est dit sans ambages que certaines modifications entravent carrément la compréhension linguistique et que, pour cette raison, la "NZZ" entend conserver dans bien des cas l'ancienne graphie ("Gemse", "aufwendig", "behende", "selbständig" , et non "Gämse", "aufwändig", "behände", "selbstständig", etc.). S'agissant des termes qui s'écrivent en un mot ou en deux mots, la "NZZ" tient à maintenir les possibilités de différenciation qu'offre la langue allemande : "eine Dame sitzen lassen" et "eine Dame sitzenlassen"; "ein nichts sagender Reisegefährte et "ein nichtssagender Reisegefährte", "allein Stehende" et "Alleinstehende", etc. Les dérogations de la "NZZ" sont nombreuses, mais, dans l'ensemble, elles sont plus que justifiées. Ses lecteurs échappent ainsi à bien des aberrations et ne liront donc jamais - du moins, il faut l'espérer - "der Asyl Suchende", "die Grundwasser führenden Schichten", etc.
Et l'avenir dans tout cela ? Le mieux serait d'arrêter les frais. Si l'on ne fait pas l'effort nécessaire pour y parvenir, il ne restera qu'à envisager une réforme de la réforme : les règles adoptées par la "NZZ" devront alors être prises en compte, ce qui serait la moindre des choses. C'est le seul espoir qui nous reste de revenir à une orthographe à laquelle tout le monde peut se rallier. Une confusion orthographique est en effet préjudiciable à long terme pour les écoles, les rédacteurs, les maisons d'édition et les imprimeries, mais aussi pour la place qu'occupe l'allemand en tant que langue de culture.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.
Stellungnahme des Bundesrates
On sait par expérience que toute réforme visant à modifier des habitudes bien établies commence par susciter des critiques, quel que soit son contenu. Il ne pouvait pas en aller autrement d'une réforme de l'orthographe, qui profite avant tout à ceux qui apprennent la langue écrite. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner de ce que la mise en oeuvre de cette réforme soit retardée çà et là.
Malgré cela, en Suisse, la nouvelle orthographe allemande a été introduite sans grandes difficultés dans les administrations publiques, les écoles, les médias et, généralement aussi, dans le secteur privé, et les premiers échos sont positifs. La "Frankfurter Allgemeine Zeitung" est un cas unique dont la valeur ne doit pas être surestimée, malgré la place qu'occupe ce journal dans la presse.
Tout le monde s'accorde à dire que le problème de l'orthographe est d'une grande complexité. C'est pourquoi, lors de l'introduction de la réforme, ses artisans ont décrété une période de transition de sept ans durant laquelle l'ancienne graphie ne saurait être considérée comme fausse. L'Allemagne, l'Autriche et la Suisse ont, par ailleurs, mis sur pied une commission d'experts internationale chargée d'étudier les effets de la réforme durant cette période de transition et de proposer pour 2005 les modifications qui pourraient se révéler nécessaires. Cette commission suivra aussi de très près la pratique de la "Neue Zürcher Zeitung".
Le Conseil fédéral estime donc que cette motion n'est pas justifiée quant au fond.
Une motion ayant pratiquement la même teneur, qui a été déposée le 12 mars 1997 par le groupe du Parti de la liberté (Non à la réforme de l'orthographe allemande), a d'ailleurs déjà été rejetée par le Conseil national. Les motifs qui avaient alors incité le Conseil fédéral à proposer au Conseil national le rejet de la motion sont encore valables aujourd'hui.
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.