01.3782 · Motion · 2001-12-14
Département des affaires étrangères
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé d'accorder une contribution financière significative au programme de formation arrêté le 19 juin 1999 lors de la Conférence du G-8 de Cologne ("Charte de Cologne : apprentissage continu - objectifs et aspirations").
Cette contribution permettra notamment aux pays en développement de poursuivre les objectifs de la Charte en formant des femmes et des jeunes filles. À cet égard, le soutien aux femmes et aux jeunes filles afghanes s'impose avec une urgence particulière.
Begründung
Dans le monde, 25 millions d'enfants n'ont pas accès à l'école et deux tiers d'entre eux sont des jeunes filles. Pas loin d'un milliard de personnes ne savent ni lire, ni écrire, et 70 % d'entre elles sont des femmes. Pourtant, la formation est l'une des mesures les plus efficaces contre la pauvreté et l'inégale répartition des ressources, et l'une des meilleures garantes de la paix. La Suisse est l'une de nations les plus riches au monde, et à ce titre elle se doit de participer à un programme global de formation, par une contribution financière, par la coopération au développement et par un soutien aux organisations non gouvernementales, notamment aux associations féminines qui sur le terrain se préoccupent de formation. L'augmentation du budget de la coopération au développement, récemment décidée par le Conseil fédéral, fournit une bonne base. Encore faut-il atteindre spécifiquement les femmes et les jeunes filles : dans leurs pays, ce sont elles, en effet, qui veillent à l'entretien de leur famille et à la paix sociale. En Afghanistan, par exemple, l'instauration d'une société démocratique est impensable sans l'appui de la population féminine.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de transformer la motion en postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
L'éducation des filles et des femmes est considérée comme une priorité dans la politique suisse de coopération au développement en matière d'éducation de base, dans la mesure où les filles et les femmes constituent respectivement 60 % des enfants non scolarisés et les deux tiers de la population adulte analphabète dans le monde.
La Suisse reconnaît que, au-delà du droit fondamental à l'éducation, le véritable enjeu d'un meilleur accès des femmes à l'éducation, la formation et l'information est le développement durable. En effet, des recherches solidement étayées font apparaître de nombreuses corrélations entre le niveau d'éducation des femmes et l'amélioration de la santé de la population, la hausse de la productivité économique, l'abaissement du taux de fécondité et une participation accrue à la vie politique.
La Suisse n'est pas membre du G-8. Cependant, dans l'esprit de la "Charte de Cologne", elle accorde désormais une importance accrue au soutien des différents partenaires qui initient des actions ou des programmes visant à renforcer l'accès des filles et des femmes à des systèmes d'éducation formelle ou non formelle, contribuant ainsi à favoriser la maîtrise par les femmes de leur destinée et des enjeux qui y sont liés, sur les plans tant économique, juridique que politique, ce qui est l'essence même du principe d'"empowerment".
Ces dernières années, par le biais de la DDC, la Confédération a soutenu politiquement et financièrement différentes initiatives en faveur de l'éducation des filles et des femmes, qu'il s'agisse de l'initiative des Nations unies en faveur de l'éducation des filles, de contributions financières et en personnel à l'Unicef - dont l'éducation des filles est une des cinq priorités -, à l'Unifem, de programmes bilatéraux (Burkina Faso, Bénin, Cap Vert, Pakistan, Bangladesh, Tchad, etc.).
L'Afghanistan n'est pas actuellement un pays de concentration du programme suisse de coopération au développement. La situation qui y prévaut en a fait un pays prioritaire en terme d'aide humanitaire visant à faire face à une situation d'urgence. Les programmes que la Suisse y finance concernent à titre d'exemple des programmes de santé, des initiatives de développement communautaire impliquant de nombreux groupes de femmes, des boulangeries gérées par des femmes Afghanes des couches les plus pauvres, etc. Ces programmes, menés en collaboration avec différents partenaires, tels que le programme alimentaire mondial, le PNUD, le CICR, TDH Lausanne, MSF Suisse et Belgique, le HCR, comportent d'importants volets d'éducation et de formation des filles et des femmes concernées.
Pour ce qui concerne le futur, la Suisse est présente au sein de l'Afghanistan Support Group. Elle prendra part aux discussions sur l'avenir de ce pays. Ces discussions tiendront compte des priorités définies par les nouvelles autorités du pays en partenariat avec les agences de coopération bilatérale et multilatérale, mais aussi des avantages comparatifs de chaque institution partenaire de l'Afghanistan. Pour le Conseil fédéral, la priorité sera accordée au renforcement des groupes communautaires et à l'appui à l'agriculture, qui constitue la base économique du pays et dont la majorité des protagonistes sont des femmes. C'est dans ce cadre que seront prises en compte des activités d'éducation des filles et des femmes, dans l'optique d'une approche globale et holistique de développement durable, conformément à la stratégie de développement social dans le cadre de l'aide suisse au développement.
Le Conseil fédéral propose de transformer la motion en postulat.