03.3666 · Postulat · 2003-12-19
Département de la défense, de la protection de la population et des sports
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est prié d'établir un rapport circonstancié sur les conséquences probables que l'augmentation massive des vols militaires aura sur l'emploi dans le secteur du tourisme et sur la qualité de vie de la population concernée dans la région de Brienz/Oberhasli.
Begründung
L'activité aérienne dans la région de Brienz/Oberhasli est sur le point d'augmenter massivement. À partir de 2005, comme le confirme le Conseil fédéral, on comptera 3200 mouvements par année. La réponse fournie à ma question 03.1132 du 3 octobre 2003 n'est pas satisfaisante, car la question que j'ai posée n'a pas été traitée.
Le présent postulat demande un rapport qui n'a apparemment pas encore été établi, alors qu'il aurait dû l'être avant toute chose, avant les travaux d'agrandissement de l'aérodrome militaire de Meiringen liés au stationnement des bruyants F/A-18.
À ma connaissance, on ne dispose jusqu'ici que d'un "mémoire", fréquemment cité dans les médias, intitulé "Die volkswirtschaftliche Bedeutung des Militärflugplatzes Meiringen in der Alpenregion Brienz/Oberhasli" et publié en mars 2003 par Ernst Kohler au Management Institut St. Gallen (SGMI), un établissement privé. Ce mémoire souligne surtout les aspects positifs que l'aérodrome de Meiringen présente incontestablement à titre d'employeur. On y lit que 68 % des personnes employées par l'aérodrome sont domiciliées dans la région de Brienz/Oberhasli, ce qui représente 111 collaborateurs ou 1,53 % des emplois de la région.
Plus de 98 % des emplois sont donc fournis par d'autres secteurs d'activité, parmi lesquels le tourisme joue notoirement un rôle central. Il serait donc instructif de mettre en parallèle l'importance économique du tourisme dans la région alpine et celle de l'aérodrome de Meiringen, ne serait-ce que pour pouvoir répondre à la question de savoir s'il est judicieux ou néfaste de déplacer un trafic aérien militaire aussi bruyant dans une région de vacances et de détente.
La région en question offre un paysage de montagnes intact assorti d'un plan directeur touristique orienté vers le développement durable et s'adressant aux familles, aux sportifs et aux amis de la nature. Au vu des nombreuses réactions suscitées par ma question et publiées dans le courrier des lecteurs de la presse régionale, il faut admettre que le dialogue avec la population concernée n'a pas été engagé sérieusement jusqu'à ce jour. L'impact des nuisances sonores sur la population locale est disproportionné avec l'importance économique de l'aérodrome militaire.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
Outre Payerne et Sion, Meiringen est un aérodrome principal pour le service de vol à réaction de l'armée. C'est pourquoi de grands investissements dans l'installation des cavernes et dans l'infrastructure d'exploitation ont été réalisés au cours de ces dernières années. À l'avenir également, l'armée ne peut pas renoncer à l'emplacement de Meiringen.
Le Conseil fédéral est conscient que le service de vol peut avoir des incidences sur le tourisme dans la région. Les vols n'augmenteront donc pas massivement dans la région de Brienz/Oberhasli, comme l'a déjà précisé le Conseil fédéral dans sa réponse à la question Goll du 3 octobre 2003. (Après une diminution provisoire en raison des travaux d'agrandissement dans l'installation des cavernes, le service de vol passera à nouveau de 2000 à 3000 engagements aériens annuels à 3200 vols au plus.)
Conscient des effets du service de vol, le DDPS dialogue depuis longtemps avec les autorités régionales et les responsables du tourisme sur place. L'objectif de ce dialogue est de concilier au mieux tous les intérêts afin de garantir de judicieux rapports de voisinage. De l'avis de tous les intéressés, cette collaboration a fait ses preuves et elle se poursuit. Par conséquent, le Conseil fédéral estime qu'il ne saurait être question d'un manque de disponibilité au dialogue.
Comme le service de vol dans la région de Brienz/Oberhasli n'augmentera pas massivement à l'avenir et que le tourisme peut également être influencé par d'autres facteurs, le Conseil fédéral est d'avis qu'une enquête au sujet des conséquences du service de vol sur les places de travail de la région touristique n'est pas nécessaire.
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.