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03.5194 · Heure des questions. Question · 2003-09-22

Département de l'intérieur

Liquidé

Wortlaut

La "NZZ am Sonntag" du 17 août 2003 contient l'offre d'un poste selon toute apparence important à la direction de "Musée suisse" puisque l'annonce émane d'une société "chasseuse de têtes".

Cette annonce nous paraît inadmissible par le mépris affiché envers la langue française. La maîtrise de l'allemand est requise - cela va de soi -, comme la faculté de communiquer en anglais. Quant au français, il intervient en troisième lieu, à titre éventuel, et l'italien, langue nationale et grande langue de culture, n'est même pas mentionné : "Sie beherrschen ein stilsicheres Deutsch und kommunizieren gerne in Englisch, eventuell Französisch."

Parmi toutes les questions que pose "Musée suisse", le Conseil fédéral est prié de nous faire savoir comment il réagit à une telle annonce qui, de notre point de vue, est une blessure faite à l'esprit de cohésion nationale, cela d'autant plus que le coup est porté au nom d'une institution hautement symbolique.

Par ailleurs, faut-il conclure qu'avec le logo "Musée suisse" en gros caractères minuscules et le sous-titre "Schweizerische Nationalmuseen" en petites capitales, les francophones ont désormais le mot et les germanophones la chose ?

Enfin, comment le Conseil fédéral a-t-il l'intention et la possibilité d'agir dans cette affaire ?

Et comment va-t-il faire respecter les principes de la pluralité et de l'égalité des langues au sein même de "Musée suisse/Schweizerische Museen" où, de toute évidence, l'"Emmentaler" a sa place mais à condition que les "formaggini" et le gruyère ne soient pas remplacés par un quelconque "swiss cheese"?

Stellungnahme des Bundesrates

L'annonce citée est effectivement inadmissible. Le chef du Département fédéral de l'intérieur (DFI) a personnellement réagi la semaine dernière. La direction du Musée national suisse (MNS) a promis des excuses qui ne nous sont pas parvenues à l'heure de la rédaction de cette réponse. Cette annonce était une vraie maladresse, et les critiques, la vôtre et celle du chef du DFI, sont justifiées. Le descriptif du poste et la première mise au concours (il y en a eu deux) étaient formulés selon les règles et respectaient les directives en vigueur. Le processus de sélection s'est également déroulé correctement. Néanmoins, il est juste de rappeler au MNS la règle du respect des langues nationales qui a toujours caractérisé la manière d'agir de l'Office fédéral de la culture. Ce qui s'est passé est d'autant plus déplorable qu'il existe des instructions du Conseil fédéral sur le plurilinguisme à l'intérieur et à l'extérieur de l'administration. Ces instructions mettent l'accent sur la maîtrise passive et active des langues nationales par les collaborateurs, particulièrement par les cadres supérieurs. Il est clair que le MNS est tenu de suivre ces règles.

En ce qui concerne le logo "Musée suisse", il s'agit d'une sorte d'emblème générique (comme "Economiesuisse", "Santésuisse" ou "Idée suisse"), tel qu'il se rencontre partout aujourd'hui. L'inscription "Musées nationaux suisses" au pluriel se trouve en quatre langues sur les imprimés du MNS : en allemand, français, italien et anglais. Le Conseil fédéral ne trouve rien à redire à cette présentation et elle ne pose pas problème du point de vue de la politique des langues. Il s'agit simplement de donner à l'ensemble du groupe Musée suisse une cohérence thématique et une identité facilement reconnaissable.