05.3769 · Postulat · 2005-12-08
Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est prié d'analyser les perspectives de gestion de nos réserves d'eau potable. Avec les moyens à disposition dans l'administration, et sans mandat extérieur ni supplément de budget, il est chargé d'étudier les possibilités de barrages de rétention supplémentaires à construire ainsi qu'à des plans d'arrosages importants faits à partir des lacs afin de garantir à terme nos réserves et notre approvisionnement en eau potable.
Begründung
La nature nous gratifie de plus en plus souvent, semble-t-il, d'excès ou de manque d'eau. Gouverner, c'est prévoir que nous allons encore vers des problèmes de trop ou pas assez d'eau. Dans la Broye vaudoise-fribourgeoise, une étude de l'EPFL, réalisée il y a une quinzaine d'année, a poussé les autorités à augmenter les gabarits des ponts et des lits de rivières pour améliorer la capacité d'évacuation des crues. Il s'avère que de cette manière, c'est en aval que nous créons des catastrophes. Par ailleurs, nous vivons de plus en plus d'étés chauds, sans pluies, et les réserves des sources et des nappes phréatiques sont actuellement en net déficit.
Pour garantir un régime des eaux optimal dans notre pays, ne serait-il pas judicieux de retenir de l'eau dans les moments de crues par le moyen de barrages de rétentions et de réalimenter le cycle de l'eau par des arrosages à grande échelle dans les périodes de sécheresse, ceci à partir des lacs ?
Nous éviterions ainsi de laisser partir de grands volumes d'eau qui créent problème sur leur passage, finissent par se mêler à l'eau salée de la mer et manquent ensuite dans nos réserves.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
En Suisse, les lacs constituent de grands réservoirs naturels. Leurs fonctions sont variées : approvisionnement en eau potable, protection contre les crues et production d'électricité.
La construction de réservoirs de retenue supplémentaires, telle que proposée par l'auteur du postulat, se prête plutôt aux régions arides. En Suisse, une optimisation de la capacité de rétention est plus judicieuse et plus respectueuse du paysage.
Au cours des dernières décennies, des installations d'approvisionnement en eau potable ont été aménagées et mises en réseau en de nombreux lieux. L'approvisionnement en eau a ainsi toujours pu être assuré, même en période de sécheresse.
Un débit minimum doit être garanti tout au long de l'année en aval des points de prélèvement des cours d'eau (également pour des raisons d'irrigation). Durant les périodes de faibles précipitations, les autorités peuvent toutefois autoriser des dérogations au débit minimum légal, afin de limiter les dégâts causés à l'agriculture. Par ailleurs, rien n'empêche les milieux agricoles de prendre également des mesures supplémentaires pour lutter contre la sécheresse, comme c'est le cas depuis de nombreuses années dans le canton du Valais, où, en périodes sèches, de l'eau de fonte est distribuée dans les régions du canton qui manquent d'eau par des installations construites et exploitées en commun.
Il n'existe pas encore, sur le plan fédéral, d'enquêtes systématiques sur l'approvisionnement de la population en eau potable et à usage industriel. Les premiers préparatifs pour le projet "Ravitaillement en eau 2025", dont le but est d'élaborer les bases pour assurer à moyen et long terme un approvisionnement en eau efficace en Suisse, ont toutefois déjà été effectués. L'eau potable et à usage industriel doit continuer d'être accessible à l'ensemble de la population, à un prix raisonnable, en quantité suffisante et en respectant les critères actuels de qualité élevés, même les années à faibles précipitations.
En bref, les possibilités actuelles de rétention de l'eau sont suffisantes. Les problèmes d'approvisionnement locaux peuvent être facilement résolus en poursuivant la voie actuelle (protection accrue des réserves d'eau, mise en réseau, augmentation de la capacité des réservoirs, etc.) de manière ciblée.
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.