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05.3874 · Motion · 2005-12-16

Département de la défense, de la protection de la population et des sports

Liquidé

Wortlaut

Le Conseil fédéral est chargé de modifier le système d'instruction de l'armée de telle sorte que le service pratique retrouve la place qui était la sienne autrefois dans l'instruction des cadres que sont les officiers et les sous-officiers. Pour ce faire, on prendra comme modèle le système encore en vigueur dans la formation d'application de la logistique.

Begründung

Autrefois, quiconque devenait officier avait été un jour caporal et devait avoir dirigé un groupe. La réforme "Armée XXI" a transformé ce système d'instruction en un système académique, la conséquence étant que, d'après l'actuel plan directeur de l'armée, un chef de section ne dirige jamais un groupe et ne peut rassembler quelques expériences de commandement que pendant cinq à huit semaines durant l'instruction en formation. La responsabilité de l'instruction incombe aux instructeurs et aux militaires contractuels, qui dirigent les écoles avec peu d'enthousiasme en qualité de chefs de section et de commandants. Ce sont les cadres de milice qui font la qualité des militaires de milice. C'est pourquoi il faut en revenir au système dans lequel ce sont des militaires de milice qui doivent former les militaires de milice et confier à nouveau la responsabilité de l'instruction aux futurs officiers de milice. Ceux-ci devront à nouveau effectuer davantage de stages dans des écoles de recrues au cours de leur instruction, comme c'est encore le cas dans la formation d'application de la logistique à titre de solution transitoire. Au lieu d'abolir complètement ce système d'instruction, il faut en faire un modèle pour les autres formations d'application. C'est de cette manière que l'on pourra faire passer à vingt semaines au maximum l'expérience des chefs de section en matière de commandement et, de surcroît, faire des économies sur les salaires versés aux militaires contractuels.

Antrag des Bundesrates

Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.

Stellungnahme des Bundesrates

Le modèle d'instruction actuel est l'une des pierres d'angle de l'armée. Ses trois débuts permettent aux recrues et aux futurs cadres de mieux planifier leurs formations professionnelle et militaire. En outre, il offre une instruction sans interruption qui va de recrue à sous-officier, sous-officier supérieur et officier, et réduit la durée totale de la formation des cadres (p. ex., à une année environ dans le cas qui va de recrue à officier). Le service pratique des cadres a été réduit à l'instruction en formation, soit la période de l'ER la plus importante dans la perspective du commandement en CR et dans les engagements. Lors de l'instruction de base élémentaire des recrues, les futurs cadres de milice suivent encore leur instruction de cadres de base. Cela est la conséquence du raccourcissement de l'instruction des cadres, mais met aussi les futurs cadres de milice au bénéfice d'un effet de formation accru. Durant cette période de l'ER, l'instruction des recrues incombe aux militaires contractuels et aux militaires de métier. Ceux-ci font preuve d'un engagement important et obtiennent de bons résultats ; rien n'indique un manque généralisé d'enthousiasme.

Le besoin d'une optimisation de l'expérience raccourcie du commandement dans le service pratique des cadres de l'"Armée XXI" a été reconnu. L'armée évalue, dans le cadre du plan directeur de l'armée, différentes variantes possibles permettant d'accroître la part d'expérience pratique du commandement. Différentes variantes sont actuellement examinées, y compris le modèle de la formation d'application de la logistique évoqué par l'auteur de la motion. Un premier essai pilote comprenant une EO qui dure encore neuf semaines a actuellement lieu dans la formation d'application de l'infanterie. Les aspirants officiers entameront ensuite l'instruction de base spécifique à la fonction (IBF) et bénéficieront d'un service pratique augmenté de six semaines. Il n'est pas encore possible de tirer des conclusions relatives aux expériences faites avec cet essai pilote. Il convient toutefois de souligner ceci : les aspirants ne peuvent retirer un bénéfice de l'engagement des cadres en tant qu'instructeurs et en tant que chefs durant l'instruction de base déjà, qu'à la condition que les cadres, pour leur part, aient également été formés à transmettre cette instruction de base.

L'armée, dans son propre intérêt, veille à garantir une instruction des recrues et des cadres aussi efficace que possible. C'est pourquoi elle tient déjà compte de solutions alternatives dans le cadre du modèle d'instruction en vigueur. Toutefois, quelles que soient les réflexions relatives à des modifications possibles, la conception générale du modèle d'instruction actuel ne doit pas être perdue de vue. La réduction recherchée et le renforcement de l'instruction des cadres en fonction des besoins des CR et des engagements est l'un des éléments qui doivent permettre de rehausser l'intérêt pour l'instruction des cadres, qui a connu une forte baisse dans l'"Armée 95". Le Conseil fédéral salue ce regain d'intérêt, car il est conscient qu'un recrutement de cadres suffisant est vital pour l'avenir de l'armée de milice. Vu les premiers résultats positifs du recrutement des cadres dans l'"Armée XXI", le nouveau modèle d'instruction s'avère tout à fait attractif.

Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.