07.3513 · Postulat · 2007-06-22
Département de l'économie, de la formation et de la recherche
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé d'examiner dans quelle mesure la Confédération pourrait encourager la création de nouveaux profils professionnels et, par conséquent, de nouvelles places d'apprentissage dans les secteurs de croissance.
Begründung
La loi fédérale sur la formation professionnelle définit la formation professionnelle comme étant la tâche commune de la Confédération, des cantons et des organisations du monde du travail. Cette approche axée sur le marché du travail exige que, dans les nouveaux domaines professionnels, l'initiative vienne de l'économie ou plus précisément des organisations du monde du travail. La pertinence de cette approche est indéniable. Cependant, si l'économie - précisément dans les secteurs de croissance - ne joue pas le jeu, le potentiel de ces éventuels nouveaux profils professionnels et nouvelles places d'apprentissage risque de rester inexploité.
On pourrait citer comme exemple le secteur des télécommunications, en pleine croissance : entre 2,5 et 2,8 millions de téléphones mobiles sont vendus chaque année en Suisse. Ces produits et les services qui les accompagnent sont aujourd'hui de plus en plus vendus dans des magasins spécialisés, tels que Mobilezone (125 filiales), Swisscom Shops (130 filiales), The Phonehouse (64 filiales), Orange Shops (47 filiales), sunrise Shops (46 filiales), et par des distributeurs locaux. Ainsi, il existe en Suisse aujourd'hui plus de 500 magasins spécialisés dans la téléphonie mobile et la télécommunication. Plus de 2000 personnes travaillent comme vendeurs spécialisés. D'après les spécialistes du secteur, la création d'un nouveau profil professionnel de "vendeur en télécommunication" générerait la création d'environ 200 places d'apprentissage par année, et cette tendance est à la hausse.
Le Conseil fédéral est prié d'indiquer au Parlement dans un rapport dans quelle mesure la Confédération pourrait encourager la création de nouveaux profils professionnels dans des branches économiques de ce genre.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
Proposer une offre de formations professionnelles initiales la plus variée qui soit est primordial pour le Conseil fédéral. Cette offre doit tout à la fois répondre aux exigences des entreprises tant en termes de contenu que d'un point de vue qualitatif et garantir aux jeunes une large formation riche en débouchés. Tout ce qui a trait aux spécialisations et aux formations dans des secteurs en vogue de durée éphémère relève de la formation continue à des fins professionnelles.
C'est justement dans les branches à forte croissance que l'on doit plus particulièrement se préoccuper des aspects pérennité et étendue de la formation. Les produits du secteur des télécommunications et du multimédia se développent rapidement et le concept de multifonctionnalité gagne toujours plus de terrain. La branche du commerce de détail dans le domaine de l'électronique grand public a bien compris cette évolution et s'est appliquée à donner à ses objectifs de formation un caractère plus large. Les jeunes ont le choix entre une formation initiale de deux ans et une de trois ans, les deux comprenant, entre autres, le domaine de la téléphonie mobile.
De grandes entreprises de télécommunication proposent déjà la formation polyvalente dans la branche de l'électronique grand public. Les petites entreprises spécialisées peuvent, pour leur part, couvrir toute l'étendue de la formation en se regroupant avec d'autres entreprises au sein de réseaux d'entreprises formatrices. La Confédération soutient la création de ce type de réseau.
La formation professionnelle en Suisse fonctionne sur la base du partenariat. En principe, tous les partenaires concernés (Confédération, cantons et organisations du monde du travail) peuvent prendre l'initiative de créer de nouvelles professions. Il n'est permis de parler de réussite à propos de nouvelles formations professionnelles initiales qu'à l'aune des critères suivants : ces formations couvrent un besoin du secteur économique, les entreprises sont en mesure de former les jeunes dans les domaines visés et les personnes formées trouvent ensuite un emploi.
Les organisations du monde du travail sont là pour veiller à ce que ces trois conditions soient remplies. La Confédération intervient dans les nouveaux champs professionnels où l'économie ne s'est pas encore organisée pour que des organes responsables soient mis en place en vue de la création de nouveaux profils professionnels. C'est ce qui s'est notamment passé dans les domaines de la médiamatique et de l'informatique.
Le Conseil fédéral considère que le postulat est déjà rempli.
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.