07.3614 · Interpellation · 2007-10-03
Département de la défense, de la protection de la population et des sports
Liquidé
Wortlaut
Le 2 juillet 2007, armasuisse, le centre responsable des acquisitions et de la technologie au DDPS, a annoncé que le Ministère finlandais de la défense a acheté l'intégralité des 18 Hawk Mk 66 mis en vente par l'armée suisse. C'est en ces termes que le site Internet des Forces aériennes suisses loue le Hawk, entré en service au début des années 1990 : "Pour tout moniteur de vol qui forme de jeunes pilotes, le Hawk est un appareil de rêve". Il se distingue par sa construction robuste et d'excellentes performances en vol, et est considéré dans le monde entier comme le jet d'entraînement idéal : "les performances de l'appareil, ses caractéristiques de vol, ses systèmes et surtout l'agencement de ses deux cockpits expliquent son succès dans plus de 20 pays". Il convient parfaitement pour la formation de base et la formation avancée des futurs pilotes de combat, et a constitué l'équivalent d'un saut quantique pour l'entraînement de base au pilotage de jets.
Je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :
1. Confirme-t-il les remarquables caractéristiques du Hawk en tant qu'appareil d'entraînement ?
2. Quels coûts totaux le Hawk a-t-il généré entre le moment de son acquisition et celui de sa liquidation (phase d'élimination des "maladies d'enfance" et service actif compris)?
3. Dans quel but les Forces aériennes finlandaises ont-elles acheté la flotte suisse de Hawk ? Quel prix la Finlande a-t-elle payé ?
4. Quels avantages y avait-il à entraîner les pilotes avec le Tiger, un autre avion relativement ancien, à la place du Hawk ? Le DDPS a-t-il examiné la possibilité d'une reconversion du Hawk ?
5. Le 31 août 2007, le DDPS a annoncé que l'entraînement des pilotes de jets n'aurait dorénavant plus lieu avec le Tiger, mais avec le PC-21. Est-il exact, ainsi que l'avancent des commentaires parus dans les médias, que le Hawk a été retiré du service nettement plus tôt que prévu afin que les usines Pilatus disposent d'un marché domestique pour les PC-21 ?
6. Le Hawk peut atteindre une vitesse maximale de 1040 kilomètres à l'heure. Il dispose, sous les ailes et le fuselage, de sept points d'ancrage permettant de l'équiper entre autres de lance-roquettes. Armé de canons de 20 mm, 25 mm ou 30 mm et de missiles air-air Sidewinder, le Hawk peut être utilisé comme intercepteur léger. Quels États utilisent le Hawk en tant qu'intercepteur léger ? La Suisse a-t-elle examiné cette option ?
7. Il arrive régulièrement que des missions de surveillance de l'espace aérien nécessitent des avions moins performants que le F/A-18C/D Hornet. De quels autres types d'avion les Forces aériennes suisses disposent-elles pour de telles missions ?
Stellungnahme des Bundesrates
1. L'article cité par l'auteur de l'interpellation est une appréciation rétrospective sur l'engagement du Hawk pendant la période de 1990 à 2002 et se réfère aux expériences faites dans le contexte de la technologie de l'époque. Le saut quantique évoqué renvoie au pas franchi par rapport aux anciens avions-écoles Vampire des années 40 affectés à la formation des pilotes d'avions à réaction jusqu'à fin 1989. Le Hawk, avec simulateur, était il y a 17 ans un avion-école moderne et de premier ordre.
2. Les 20 Hawk ont été utilisés intensivement pour la formation à l'école de pilotes de 1990 à 2002. Il convient de mentionner une perte totale pendant la phase d'utilisation.
Documents de base à l'appui, le système Hawk Mk66 a occasionné les frais suivants pour l'ensemble de sa carrière :
Carrière : Coûts évaluation/acquisition : 379,3 millions de francs ; utilisation (1990-2002): 166,7 millions de francs ; mise hors service (2003-2007): 8 millions de francs ; total : 554 millions de francs.
Les chiffres n'incluent pas encore les recettes provenant de la vente de la flotte des Hawk.
3. Les Hawk suisses achetés sont intégrés par les forces aériennes finlandaises dans leur actuelle flotte de Hawk comprenant 49 avions-écoles à réaction pour l'entraînement des pilotes.
Les prix du contrat relèvent en principe du secret des affaires et ne sont pas rendus publics sans l'accord des parties contractantes. Un tel accord n'existe pas.
4./5. Le système d'avion-école à réaction Hawk a été mis en vente pour des raisons de coûts. Les coûts pour l'ensemble de la flotte étaient trop élevés par rapport aux candidats pilotes d'avions à réaction à former. La suppression de la flotte des Hawk a généré des économies substantielles, ce qui a permis de réaliser les objectifs d'économies du Parlement. A titre de solution transitoire, on avait à disposition les biplaces F-5 F et les monoplaces F-5 E pour la formation des pilotes.
La possibilité d'une version améliorée du Hawk a également été évaluée. Une étude préalable auprès du fabricant BAE System a cependant montré que toutes les variantes provoqueraient des dépenses trop élevées.
Le PC-21 représente actuellement une avionique moderne. Les frais d'exploitation sont inférieurs à ceux d'un avion à réaction et les nuisances pour l'environnement sont également moindres que celles d'avions-écoles à réaction comparables.
6. Actuellement, le Hawk n'est utilisé par aucune force aérienne dans le monde comme intercepteur léger.
Selon son type d'équipement, le Hawk peut emporter des missiles air-air guidés par infrarouge grâce à un point d'ancrage sous les ailes. L'engagement de ces missiles s'effectue comme en son temps avec le Hunter, c'est-à-dire sans radar de bord. Le Hawk peut en outre être équipé d'un pod pour un canon de 30 mm grâce à un autre point d'ancrage sous le fuselage. À l'époque de la guerre froide quelques avions Hawk des forces aériennes britanniques étaient équipés de missiles air-air Sidewinder en complément à l'intercepteur proprement dit Tornado F.3. Un éventuel engagement aurait eu lieu en combinaison et avec l'assistance du radar du Tornado F.3, mais jamais en tant que chasseur indépendant. Les forces aériennes finlandaises avaient planifié un système avec quelques Hawk équipés même de missiles infrarouge russes AA-8 (le pendant russe des Sidewinder). Depuis quelques années, les Hawk finnois servent cependant exclusivement à l'écolage des pilotes.
Le Hawk ne répond pas aux exigences posées à un intercepteur en raison de ses performances limitées (notamment une force ascensionnelle insuffisante), des lacunes de son équipement avionique (pas de radar de bord, pas d'équipement défensif) et de l'incapacité de vol tout-temps qui en résulte.
7. On dispose des F-5 Tiger mais avec l'importante limitation suivante : ils ne peuvent effectuer le service de police aérienne que de jour et n'ont pas d'armement tout-temps.
Les PC-7 peuvent aussi être engagés pour l'identification des appareils à vol lent. Ils doivent cependant être accompagnés par un avion de combat armé susceptible de menacer du recours à la force dans un cas grave et de prendre les mesures correspondantes.
Les interventions contenant un tableau ou un graphique peuvent être téléchargées sous : Travail parlementaire / Curia Vista / Interventions contenant un tableau ou un graphique.
Réponse du Conseil fédéral.