10.3707 · Interpellation · 2010-09-28
Département des affaires étrangères
Liquidé
Wortlaut
Le jeudi 23 septembre 2010, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a prononcé devant l'Assemblée générale de l'ONU un discours dans lequeil il a notamment affirmé que "quelques éléments à l'intérieur du gouvernement américain ont orchestré l'attentat (du 11 septembre 2001) pour inverser le déclin de l'économie américaine et son emprise sur le Moyen-Orient de manière à sauver le régime sioniste." En signe de protestation, les délégations des États-Unis, des 27 pays de l'Union européene, du Canada et de l'Océanie ont, contrairement à la nôtre, quitté la salle.
Suite à ces événements, le Conseil fédéral est prié de répondre aux questions suivantes :
1. La délégation suisse n'a-t-elle pas suivi le mouvement de protestation de la grande majorité des pays occidentaux en raison de notre neutralité ?
2. En cas de réponse positive à la question précédente, quelle interprétation de la neutralité incite-t-elle la Suisse à ne pas se joindre à un signe de protestation largement suivi contre des propos à la fois attentatoires à la vérité des faits, marqués par une aversion obsessionnelle à l'égard des démocraties libérales, haineusement antisionistes et contraire aux usages diplomatiques ?
3. Quel degré d'inadmissibilité des propos tenus devant l'Assemblée générale de l'ONU devraient-ils atteindre pour que notre pays élève une protestation ou s'associe à un mouvement de réprobation ?
4. Notre délégation a-t-elle adopté cette attitude parce que l'ambassade de Suisse représente les intérêts américains en Iran ou encore parce que notre compatriote Joseph Deiss préside cette année l'Assemblée générale de l'ONU ?
Le discours du président iranien devant l'ONU a suscité une forte désapprobation de presque tous les pays occidentaux. Le président américain a qualifié ces déclarations de "choquantes, haineuses et inexcusables". La France s'est dite "choquée et indignée". Catherine Ashton, cheffe de la diplomatie européen, a jugé "scandaleux et inacceptables" les propos du président iranien.
Il est légitime que notre pays mène sa politique étrangère - y compris dans sa dimension symbolique - en toute indépendance et conformément à ses intérêts. Mais nous estimons que lorsque la vérité et les valeurs fondamentales de la démocratie libérale sont bafouées dans le cadre d'un discours officiel, notre pays ne devrait pas hésiter à s'associer à un mouvement de protestation souhaitable.
Stellungnahme des Bundesrates
La Suisse a assisté à l'ensemble des interventions prononcées lors du débat général de l'Assemblée générale de l'ONU. Le fait de rester en salle durant le discours du président iranien signifie que nous entendons les différentes opinions exprimées à l'ONU. Cela ne signifie pas que nous partageons toutes les vues exprimées.
Par principe, la Suisse ne pratique pas la politique de la chaise vide. Elle pourrait cependant s'associer à un mouvement de protestation lorsqu'une intervention publique contient des propos qui contreviennent aux principes fondamentaux de la charte de l'ONU, comme par exemple une attaque contre l'intégrité territoriale d'un État, ou qui remettent en question ou nient l'existence de la Shoah.
Réponse du Conseil fédéral.