10.5613 · Heure des questions. Question · 2010-12-13
Département de l'intérieur
Liquidé
Wortlaut
Dans sa réponse à la question de Christian van Singer, le Conseil fédéral présente le stress et les médicaments, mais pas la radioactivité plus élevée comme causes possibles de la variation du rapport des sexes à la naissance au voisinange des centrales nucléaires.
- Le Conseil fédéral pense-t-il vraiment que la population vivant à proximité des centrales nucléaires a des problèmes de stress et de médicaments supérieurs à la moyenne ?
- Dans l'affirmative, pourquoi ?
- Voit-il d'autres causes au recul marqué du nombre de naissances de filles au voisinage des centrales nucléaires ?
- Est-il disposé à faire réaliser une étude sur la question ?
Stellungnahme des Bundesrates
Comme le Conseil fédéral a déjà eu l'occasion de l'expliquer lors de l'heure des questions du 6 décembre 2010 dans le cadre des questions van Singer 10.5471 et 10.5472 ainsi que Fehr Hans-Jürg 10.5528, l'état actuel de la recherche radiobiologique ne permet pas d'établir de lien entre les émissions radioactives des centrales nucléaires et l'évolution de la proportion de filles et de garçons à la naissance. Plusieurs études montrent que cette proportion peut être influencée par des facteurs très différents, comme par exemple le stress, la prise de médicaments, voire même le mode de vie. Cette proportion varie ainsi d'un pays à l'autre. Le Conseil fédéral ne dispose pas d'informations spécifiques concernant de tels facteurs pour la population vivant au voisinage des centrales nucléaires.
Le Conseil fédéral prend l'étude allemande évoquée dans la question au sérieux et suit avec attention les développements scientifiques intervenant dans ce domaine. Il faut cependant préciser que l'étude mentionnée, analysant les variations du rapport des sexes à la naissance au voisinage des centrales nucléaires allemandes et suisses n'a, pour l'heure, été ni acceptée ni publiée par un journal scientifique reconnu. Cette procédure incontournable dans le milieu scientifique devrait en principe encore être engagée par les auteurs de l'étude et ainsi permettre une analyse détaillée par d'autres experts indépendants et reconnus en la matière. Ce n'est qu'après cette évaluation approfondie effectuée que les experts scientifiques de la Confédération pourront se prononcer quant à un éventuel effet prénatal de l'exploitation des centrales nucléaires suisses. Le Conseil fédéral est d'avis qu'il est nécessaire d'attendre la publication de cette étude dans un journal scientifique reconnu. Il n'entend pas mener d'étude complémentaire sur ce sujet.