11.3732 · Motion · 2011-06-17
Département de justice et police
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé de mettre en oeuvre les mesures d'accélération dans le domaine de l'asile bien plus rapidement qu'annoncé et de présenter le message pour la consultation d'ici à l'automne 2011.
Begründung
Le 9 mai 2011, lors de l'examen de la loi sur l'asile, la CIP-E a pris connaissance du rapport du DFJP sur des mesures d'accélération dans le domaine de l'asile et s'est décidée pour l'option 1 (restructuration du domaine de l'asile par la création de centres de procédure fédéraux). À cet égard, la conseillère fédérale Sommaruga a communiqué que la mise en oeuvre et l'application complètes du système dureraient six ans. Face à l'explosion du nombre de requérants d'asile et aux graves problèmes d'exécution qui se posent, il faut que la mise en oeuvre de la restructuration du domaine de l'asile s'effectue bien plus rapidement que ne l'a annoncé la conseillère fédérale. Une politique de l'asile cohérente et efficace s'impose d'urgence si on ne veut pas continuer à compromettre l'acceptation de la politique suisse de migration au sein de la population, la libre circulation des personnes et la voie bilatérale, qui a fait ses preuves.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.
Stellungnahme des Bundesrates
Le développement de la présente motion est identique à celui de la motion Müller Philipp 11.3732, "Domaine de l'asile. Restructuration au lieu du chaos actuel", à la seule différence que cette dernière demande qu'un projet destiné à la consultation soit déjà présenté d'ici à l'automne 2011, tandis que la présente motion fixe le délai à la fin de l'année. La réponse du Conseil fédéral est donc la même pour chacune des deux interventions.
Si l'on observe ce qui se passe actuellement dans le domaine de l'asile, on constate que la procédure (du dépôt de la demande d'asile au départ de Suisse du requérant débouté ou à la réglementation de ses conditions de séjour) dure environ 1400 jours. Trop longue, cette durée risque de compromettre la crédibilité de notre politique en matière d'asile. C'est pourquoi il est impératif que le domaine de l'asile soit fondamentalement remanié ces prochaines années. Les procédures doivent être menées rapidement dans des centres fédéraux. Pour ce faire, il importe également de renforcer la protection juridique. Le 9 mai 2011, la Commission des institutions politiques du Conseil des États (CIP-E) a approuvé à l'unanimité un rapport du Département fédéral de justice et police (DFJP) allant dans ce sens et proposé de procéder de manière échelonnée dans le temps : tout d'abord, rédiger, d'ici à fin septembre 2011, un message complémentaire à la révision en cours de la loi sur l'asile (LAsi) comportant des modifications réalisables à court terme ; puis, élaborer, avant la fin de l'année 2012, un projet destiné à la consultation comprenant des nouveautés fondamentales qui nécessitent davantage de travaux préparatoires.
Le 6 juin 2011, le Conseil fédéral a adhéré à la proposition de la commission. Le DFJP lui soumettra le rapport complémentaire d'ici à fin septembre 2011. La CIP-E, pour sa part, débattra à nouveau de la question au mois d'octobre.
Avec le rapport complémentaire, le Conseil fédéral complète le message relatif à la révision de la LAsi, qu'il avait remis au Parlement en mai 2010. Quatre nouveautés y sont proposées : l'introduction d'une phase préparatoire avant le lancement proprement dit de la procédure d'asile, la conduite d'une enquête médicale dans les centres d'enregistrement et de procédure, le renforcement ponctuel de la protection juridique et l'instauration d'un échange d'informations entre le DFJP et le Tribunal administratif fédéral (TAF) visant à simplifier les démarches administratives. Ces nouveautés permettent également de poser les premiers jalons de la restructuration du domaine de l'asile, prévue à long terme.
Une procédure d'audition relative à ces propositions de modifications a eu lieu du 7 juillet 2011 au 4 août 2011. Outre les comités d'experts directement concernés (comme la Conférence des directrices et directeurs des départements cantonaux de justice et police, le TAF, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés et la Fédération des médecins suisses), d'autres organisations et partis politiques se sont exprimés. Les prises de position sont actuellement évaluées par l'Office fédéral des migrations.
Les améliorations ponctuelles, qui incluent notamment des mesures organisationnelles, sont abordées en priorité. Elles ne permettent cependant pas de résoudre le problème crucial de la durée de la procédure d'asile. C'est la raison pour laquelle le domaine de l'asile doit être entièrement refondu à long terme. Afin de pouvoir réduire la durée de la procédure, il convient de créer des centres de procédure fédéraux, dans lesquels les procédures de première instance seraient rapidement bouclées.
Ces mesures à long terme ne constituent pas de petites retouches apportées à certains aspects du domaine de l'asile, mais s'inscrivent dans le cadre d'une réforme complète et radicale du système de l'asile grâce à une concentration, dans le temps et dans l'espace, des ressources en personnel et des moyens financiers. Une telle réforme présuppose, entre autres, que les cantons soient impliqués dès le départ dans les travaux qui devront être menés. D'importantes questions, comme la répartition des tâches et l'hébergement des requérants, doivent être discutées avec eux et des solutions appropriées doivent être recherchées de concert. Par ailleurs, cette démarche nécessite une prise en compte de nombreux aspects organisationnels, financiers, personnels, juridiques et structurels.
Étant donné l'ampleur de la tâche et la complexité du sujet, réduire le délai de mise en oeuvre de la restructuration du domaine de l'asile, comme le souhaitent les auteurs des motions susmentionnées, n'est, par conséquent, pas possible.
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.