12.1058 · Question · 2012-06-13
Département des affaires étrangères
Liquidé
Wortlaut
Le 16 décembre 2011, la ville de Zhanaozen au sud-ouest du Kazakhstan a été le théâtre de répressions sanglantes, ordonnées par le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, envers des ouvriers de l'industrie pétrolière en grève, et durant lesquelles seize personnes ont été assassinées. Réprimé dans le sang, le mouvement de grève a suscité une flambée de violences sans précédent ; de nombreux opposants politiques ont été emprisonnés, d'autres exécutés, alors qu'ils se battaient pour des élections libres. La brutalité avec laquelle la police et les services secrets ont agi est digne des pires dictatures. La communauté internationale regarde ailleurs, pendant que le régime corrompu du Kazakhstan continue à commettre de sérieuses atteintes aux droits de l'homme, notamment la torture des détenus ainsi que les restrictions aux libertés religieuses et aux médias.
Le Parlement européen a condamné le 15 mars 2012 la répression violente à l'encontre de manifestants à Zhanaozen, et il a averti que les négociations sur l'accord de partenariat et de coopération avec le Kazakhstan dépendront des progrès en termes de réformes politiques.
Comment la Suisse, au vue des violations graves des droits de l'homme au Kazakhstan, continue à collaborer avec le régime Nazarbaïev sans demander des garanties en matière de respect des droits de l'homme ainsi que le respect des décisions prises au niveau européen ?
Stellungnahme des Bundesrates
La Suisse a des échanges suivis avec les autorités du Kazakhstan sur la question des droits de l'homme. Elle entretient également un dialogue régulier avec le bureau de l'ombudsman et la société civile. Notre ambassade sur place soutient par ailleurs des projets menés par des ONG locales dans les domaines de la migration et de la liberté d'expression.
Elle a notamment effectué de nombreuses démarches en lien avec l'emprisonnement du défenseur des droits de l'homme, Monsieur Zhovtis, qui a été libéré en février 2012. La question de la torture est et reste également un sujet de préoccupation pour la Suisse, qui avait déjà pris note des propositions de suivi du Rapporteur spécial contre la torture de l'ONU, en visite sur place en 2009, et dont le mandat est soutenu par le DFAE au moyen de la mise à disposition d'un détachement.
Au Conseil des droits de l'homme, la Suisse est intervenue dans le cadre de l'Examen périodique du Kazakhstan en 2010 et suivra l'avancement des recommandations effectuées en vue du deuxième cycle d'examen en 2014, auquel elle participera à nouveau.
Elle suit avec attention les procès ouverts actuellement contre des membres de l'opposition kazakhe, des ouvriers de l'industrie pétrolière et des membres des forces de sécurité suite aux troubles à Zhanaosen.
Réponse du Conseil fédéral.