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Installations photovoltaïques dans les Alpes. Potentiel pour l'approvisionnement hivernal

12.3620 · Postulat · 2012-06-15

Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication

Liquidé

Wortlaut

Le Conseil fédéral est chargé de commander une étude portant non seulement sur le potentiel et les coûts d'installations photovoltaïques qui seraient implantées à divers endroits dans les Alpes, mais aussi sur leur contribution à l'approvisionnement hivernal en électricité. Il établira un rapport à ce sujet.

Begründung

Garantir l'approvisionnement hivernal en électricité est un des principaux défis que le tournant énergétique devra permettre de relever. Les installations photovoltaïques sur le Plateau ont l'inconvénient de connaître une baisse de production en hiver. À l'inverse, les installations implantées dans les Alpes permettraient de produire plus de courant en hiver en raison de la diminution de la nébulosité, de l'augmentation de l'ensoleillement et de la réflexion du rayonnement solaire du fait de la neige. À ce jour, on n'a réalisé aucune analyse systématique des potentiels (térawattheures par an) et des coûts (centimes par kilowattheure) d'installations photovoltaïques alpines. Pour des motifs liés à la protection du paysage, il convient d'accorder la préférence aux installations sur les toits, les ouvrages paravalanches ou les barrages. Mais leur potentiel n'a pas non plus été analysé avec précision. C'est pourquoi une étude à ce sujet doit être réalisée. Les potentiels doivent être évalués à l'aide du système d'information géographique, et les coûts doivent être modélisés à l'aide de données technologiques actuelles pour une année météorologique type. Il faudra aussi prendre en considération les conditions d'ensoleillement locales, y compris l'ombrage du relief des sites alpins, de même que d'autres facteurs importants pour l'implantation d'installations photovoltaïques dans les Alpes.

Antrag des Bundesrates

Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.

Stellungnahme des Bundesrates

Le développement de la production d'électricité issue de sources d'énergie renouvelables est l'un des éléments clés de la stratégie énergétique 2050. D'ici 2050, cette production devrait augmenter de 22,6 térawattheures, notamment grâce aux installations photovoltaïques (environ 10 térawattheures). Il s'agira à cet effet d'exploiter en priorité les surfaces existantes de bâtiments et d'installations. Le potentiel technique de surfaces bâties appropriées pour l'utilisation du photovoltaïque en Suisse est de 15 à 18 térawattheures par an. Les autres installations d'infrastructure ne sont pas prises en compte. Du point de vue énergétique, il n'y a donc pas lieu de faire intervenir les zones non bâties. Les installations photovoltaïques ne doivent donc être envisagées en dehors des zones bâties que si elles présentent un avantage déterminant par rapport à des installations utilisant des infrastructures existantes. Cet état de fait doit faire l'objet d'une déclaration commune des offices fédéraux de l'aménagement du territoire, de l'environnement, de l'énergie et de l'agriculture.

Le potentiel des installations implantées sur les ouvrages paravalanches est estimé à moins de 100 gigawattheures. Les projets en cours à Bellwald et à St. Antönien permettront de vérifier cette hypothèse et d'analyser la rentabilité du système. Le potentiel des installations intégrées à des bâtiments est en cours d'évaluation - pour tous les bâtiments existants, jusqu'à la plus petite cabane de montagne - dans le cadre de l'élaboration en cours du cadastre solaire (voir à ce sujet la motion du groupe des Verts 11.4095, "Cadastre solaire pour l'ensemble de la Suisse", et l'interpellation Jans 11.3589, "Établir un cadastre solaire national"). Le cadastre solaire tient compte des données locales telles que l'ensoleillement, l'orientation des surfaces et les projections d'ombres.

Les expériences faites jusqu'ici avec des projets situés en zone alpine montrent que leur contribution à l'approvisionnement en électricité pendant l'hiver n'est pertinente qu'à partir d'une altitude supérieure à 1500 mètres. Les coûts supplémentaires qu'engendrent la construction et l'entretien d'installations alpines annulent tout avantage de production et ne rendent l'installation guère rentable. Les possibilités de stockage intermédiaire sont de toute manière nécessaires quel que soit l'emplacement de l'installation. Elles doivent être intégrées à la discussion sur les installations photovoltaïques alpines à moyenne et haute altitude. Il serait donc peu judicieux de procéder à une étude spécifique destinée à relever le potentiel du courant solaire alpin pour l'alimentation hivernale.

Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.