Lexipedia

13.430 · Initiative parlementaire · 2013-06-04

Parlement

Liquidé

Wortlaut

Conformément à l'art. 160, al. 1, de la Constitution et à l'article 107 de la loi sur le Parlement, je dépose l'initiative parlementaire suivante :

Il faut créer une disposition légale, analogue à l'article 380a CP, qui prévoit que lorsqu'une autorité décide de mettre en liberté conditionnelle une personne condamnée pour atteinte grave à l'intégrité physique ou sexuelle ou décide d'alléger l'exécution de sa peine et que cette personne commet à nouveau un de ces crimes, la collectivité publique dont relève l'autorité répondra du dommage qui en résulte.

Begründung

L'assassinat dans le canton de Vaud de la jeune Marie, âgée de 19 ans, a créé un vif émoi dans la population. L'auteur de cet acte, Claude D., avait été condamné en 2000 pour viol et assassinat à vingt ans de prison. Bien que ses demandes précédentes de libération conditionnelle eussent été rejetées en raison de sa dangerosité, il avait obtenu des allègements de l'exécution de sa peine en dernier lieu sous la forme d'une mise aux arrêts domiciliaires avec l'obligation de porter un bracelet électronique. En raison des menaces de mort qu'il avait proférées, l'autorité pénitentiaire avait sonné l'alarme, ce qui avait amené l'office de l'exécution des peines à demander sa réincarcération. Suite au recours déposé par Claude D. contre cette requête, le juge a décidé qu'il pouvait être maintenu aux arrêts domiciliaires. Une erreur fatale.

Les cas se suivent et se répètent : on se souvient de Lucie, fille au pair, qui a été tuée, en 2009, dans le canton d'Argovie par un récidiviste, Markus W. Alors interné pour une série de viols, celui-ci s'était vu accorder le droit, à Bâle, de vivre hors du pénitencier, droit qu'il avait mis à profit pour violer à nouveau trois femmes - au total il en a violé 29 -, les dernières alors qu'il portait un bracelet électronique.

Ces affaires ont une chose en commun : les auteurs ont bénéficié d'une liberté conditionnelle ou d'allègements de l'exécution de leur peine et ont récidivé pendant la période de probation. Or, dans ce genre d'affaire, personne n'assume jamais la responsabilité des meurtres ou des viols commis par les auteurs. Les politiques, les autorités, les juges et les experts ne cessent de se renvoyer la balle. Les parents de Lucie ont intenté une action en justice contre trois employés du canton d'Argovie. Résultat des courses : le canton a fini par classer la procédure.

Si les autorités et les juges veulent accorder une libération anticipée de l'exécution d'une peine dans un établissement fermé, ils doivent en assumer la responsabilité. À cet effet, le Code pénal sera modifié de sorte que la collectivité publique dont relève l'autorité et le juge assume la responsabilité de façon analogue à ce que prévoit l'article 380a dans les cas d'internement à vie.

Verhandlungen

Dépêche ATS

Délibérations au Conseil national, 16.06.2017

Crimes sexuels - L'État doit assumer la responsabilité en cas de récidive

Les autorités ayant allégé la peine d'un criminel ou l'ayant mis en liberté conditionnelle devraient toujours répondre des dommages causés si l'intéressé récidive. Par 109 voix contre 77, le National a refusé vendredi de classer une initiative parlementaire déposée en 2013 par Natalie Rickli (UDC/ZH) dans le sillage de l'affaire Marie.

Soutenue de justesse par son homologue du Conseil des États, la commission des affaires juridiques du National a déjà élaboré un projet. Il vise à introduire dans le droit fédéral un principe de responsabilité objective, que les employés de l'État aient ou non commis une faute.

La Conférence des directrices et directeurs des départements cantonaux de justice et police s'y est nettement opposée. Après avoir discuté avec elle, la commission voulait jeter l'éponge. La nouvelle réglementation compliquerait la tâche des officiers de justice cantonaux, a expliqué Liza Mazzone (Verts/GE).

Le nombre d'allégements de peine risque de diminuer et les établissements cantonaux d'exécution des peines et des mesures pourraient peiner à recruter. En outre, l'État devrait assumer la responsabilité des dommages même si les employés ont agi conformément aux dispositions légales. Le projet risque d'ouvrir la voie à d'autres prétentions et de remettre en cause la réinsertion progressive.

Mal immense

Le projet ne limiterait pas les possibilités de libération anticipée et de réinsertion, a rétorqué Mme Rickli. Selon l'initiante, il faut faire la distinction entre les auteurs d'un seul délit et les récidivistes. L'initiative ne concernerait que ces derniers et seulement pour une période limitée.

"C'est un tout petit nombre de personnes, mais le mal qu'elles causent est immense", a relevé Mme Rickli. L'État doit enfin assumer ses responsabilités au lieu de faire des expérimentations. L'initiative permettrait d'indemniser plus rapidement les victimes, a-t-elle ajouté.

Dépêche ATS

Délibérations au Conseil national, 18.06.2021

Le Conseil national a classé, par 135 voix contre 53, une initiative parlementaire de l'ancienne députée Natalie Rickli (UDC/ZH) visant à introduire une responsabilité de l'État en cas de récidive d'un criminel. Les autorités ayant allégé la peine d'un criminel ou l'ayant mis en liberté conditionnelle auraient toujours dû répondre des dommages causés si l'intéressé récidive. Face au net rejet par tous les cantons, compétents en matière d'exécution des peines, il ne serait pas opportun d'introduire une telle mesure, a pointé Sibel Arslan (Verts/VS) pour la commission.