14.3191 · Postulat · 2014-03-20
Département de l'intérieur
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé d'exposer dans un rapport les mesures qu'il compte prendre pour répondre au problème que posent les troubles psychiques dans la population active, notamment pour améliorer la réintégration sur le marché du travail des bénéficiaires d'une rente AI présentant de tels troubles.
Begründung
L'insertion par le travail des bénéficiaires d'une rente AI est un facteur clé pour le succès de la révision 6a de l'AI. Or, les problèmes psychiques affectent de plus en plus la population active et font peser de nouvelles charges sur l'AI. Le coût des problèmes psychiques pour l'économie suisse est estimé à 19 milliards de francs par an, soit 3,2 % du PIB, en termes de perte de productivité, de soins médicaux et de dépenses sociales. C'est ce qu'indique le rapport sur la santé mentale et l'emploi publié récemment par l'OCDE. La Suisse, souligne l'OCDE, doit faire davantage pour maintenir ou remettre au travail les personnes qui souffrent de troubles psychiques. Tous les pays de l'OCDE ont compris que les problèmes psychiques devenaient un enjeu essentiel pour les politiques sociale et de l'emploi. En Suisse, les différents systèmes (systèmes de santé, de formation et d'assurance sociale) sont bien conçus, mais leur coordination au sein d'une nécessaire politique globale peine à se faire. Preuve en est la difficulté que la "collaboration interinstitutionnelle" a à se mettre en place et le peu d'efficacité de cette collaboration. Bien que l'AI s'attache à agir en amont, le nombre de nouvelles rentes octroyées aux personnes souffrant de troubles psychiques ne diminue pas ; celles allouées aux jeunes adultes sont même en forte augmentation. Pour trouver des solutions, il faut donc se concentrer davantage sur la coordination des compétences de la politique de santé, de la politique sociale et de la politique du travail.
L'OCDE recommande entre autres à la Suisse de renforcer les actions axées sur le lieu de travail, de favoriser le maintien dans la vie professionnelle par une gestion des absences et du retour à l'emploi et de créer des incitations plus fortes pour les employeurs, partenaires clé dans le réseau des acteurs de la réinsertion. Les médecins ont eux aussi un rôle à jouer : ils doivent être associés, aux côtés des employeurs, aux démarches d'intégration ou de réintégration dans le monde du travail. Enfin, les collaborateurs des ORP doivent être dotés de compétences adaptées aux chercheurs d'emploi qui présentent des troubles psychiques afin d'éviter qu'ils ne glissent vers l'aide sociale, d'où il est encore plus difficile de reprendre pied dans la vie active.
Un rapport permettrait d'exposer les moyens de répondre adéquatement au problème que pose l'augmentation des troubles psychiques dans la population active.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose d'accepter le postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose d'accepter le postulat.