14.416 · Initiative parlementaire · 2014-03-21
Liquidé
Wortlaut
Conformément à l'art. 160, al. 1, de la Constitution et à l'article 107 de la loi sur le Parlement, je dépose l'initiative parlementaire suivante :
Le nombre sans cesse croissant de nouvelles rentes AI octroyées à des jeunes adultes souffrant de troubles psychiques doit être réduit au moyen d'une plate-forme interdépartementale dont la tâche consistera à coordonner les mesures préventives d'insertion professionnelle (formation et formation professionnelle, services de santé et de placement, enseignants et employeurs, AI) et à veiller à leur mise en oeuvre rapide.
Begründung
Alors que le nombre de nouvelles rentes AI a globalement reculé de 14 % entre 2008 et 2012, il a augmenté de 11 % (et même de 13 % si l'on considère le nombre total de rentes) chez les 18-24 ans. Depuis 1995, le nombre de jeunes rentiers AI souffrant de troubles psychiques a presque triplé, pour passer à 1300 cas par an. Cette situation est lourde de conséquences tant pour ce qui est des perspectives d'avenir des jeunes concernés que pour l'économie.
Cette évolution a les causes suivantes :
a. L'AI fournit de fausses incitations : comme les jeunes rentiers AI sans formation professionnelle ne trouvent quasiment pas de travail rémunéré qui leur permettrait d'avoir un revenu au moins égal au montant de la rente et des prestations complémentaires, ils n'ont pas de raison de sortir de l'AI.
b. Le recul de la tolérance des entreprises d'apprentissage et des écoles vis-à-vis d'adolescents difficiles gêne souvent ces derniers - en dépit des offres de coaching - lors de la recherche d'une place de formation, les privant du coup de la possibilité de suivre avec succès une formation professionnelle.
c. Le monde du travail est aujourd'hui plus exigeant, si bien que les jeunes souffrant de problèmes psychiques sont généralement défavorisés face à leurs concurrents en bonne santé.
d. L'adolescence se caractérise par une augmentation des souffrances d'ordre psychique (par ex. TDA, troubles anxieux, troubles alimentaires, dépression).
e. Le fait que l'économie attende des travailleurs qu'ils soient performants à 1,0 % nuit à la tolérance envers les moins performants.
Les propositions avancées par certains domaines de compétences, à l'instar de la réforme des rentes pour les jeunes, suscitent des résistances. Dans le cadre de projets tels que la CII (collaboration interinstitutionnelle), on s'efforce depuis des années de créer une plate-forme interdisciplinaire permettant aux différents centres de compétences d'aborder conjointement les problèmes. Or ces importants acteurs du marché du travail que sont les employeurs n'ont à ce jour pas rejoint ce partenariat. Cela explique que le bilan de la CII soit maigre. Il est donc besoin d'un modèle optimisé global, qui inclurait tous les acteurs et niveaux politiques et permettrait d'examiner et d'élaborer, dans l'idée d'une mise en oeuvre rapide, des solutions axées sur la synergie.