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16.5053 · Heure des questions. Question · 2016-03-02

Département des affaires étrangères

Liquidé

Wortlaut

Suite au voyage en Érythrée, une conseillère d'État et trois élus fédéraux ont émis cinq demandes. Je prie le DFAE de se prononcer sur les questions relevant de sa compétence :

1. L'amélioration des relations diplomatiques avec l'Érythrée est-elle opportune ?

2. L'ouverture d'une représentation permanente de la Suisse se justifie-t-elle ?

3. Le lancement d'un programme prioritaire dans l'aide au développement est-il adéquat et prévu dans la stratégie de la DDC ?

Stellungnahme des Bundesrates

1. La Suisse est déjà en dialogue, en coordination avec des pays partenaires européens, avec l'Érythrée en vue d'établir un agenda de discussion précis. L'objectif est d'améliorer la situation des droits de l'homme ainsi que les perspectives de la population érythréenne. Tout récemment, le conseiller fédéral Didier Burkhalter a rencontré son homologue érythréen, au Conseil des droits de l'homme à Genève. Dans ce cadre, des messages clairs sont passés en matière de respect de droits de l'homme, de collaboration avec les instances de l'ONU et avec le CICR. Actuellement, le DFAE et le DFJP nouent des liens avec des interlocuteurs internationaux, mais aussi érythréens, dans le but de contribuer, grâce au dialogue et à des mesures concertées au niveau international, à ce que l'Érythrée puisse s'acheminer vers un État duquel ses citoyens ne veulent et ne doivent plus fuir.

2. L'ambassadeur de Suisse, qui réside à Khartoum (Soudan), est également accrédité en Érythrée et s'y rend régulièrement. Par contre, la question d'une ouverture d'une ambassade à Asmara ne se pose actuellement pas. Avant de considérer l'ouverture d'une ambassade, cette question devrait être tranchée selon les priorités de politique extérieure de la Suisse et en tenant compte des moyens financiers à disposition du DFAE.

3. Actuellement, l'Érythrée n'est plus un pays prioritaire de la coopération internationale de la Suisse. Le Conseil fédéral estime que les conditions ne sont pas rassemblées sur place pour développer un programme solide de coopération, avec des partenaires fiables et des perspectives prometteuses. Présente dans le pays depuis 1997, la DDC a dû fermer son bureau à Asmara en 2006 par manque de coopération de la part du gouvernement Érythréen. L'expulsion de partenaires crédibles, la confiscation de matériel et des restrictions de mouvement ne permettaient plus de justifier l'engagement sur place. L'Érythrée est par contre prise en considération dans la stratégie régionale Corne de l'Afrique 2013-2017 et intégrée aux analyses effectuées dans la région. Le Conseil fédéral estime que les conditions-cadres n'ont pas fondamentalement changé depuis 2006. Il continuera à examiner de près les développements en Érythrée pour évaluer si des interventions ponctuelles avec des budgets limités sont faisables.