16.5529 · Heure des questions. Question · 2016-12-01
Département des affaires étrangères
Liquidé
Wortlaut
En janvier, plus de mille professeurs d'université ont signé en Turquie une déclaration dénonçant les actions des forces de sécurité contre les civils dans les régions kurdes. Ils demandaient aux dirigeants politiques de retourner au dialogue et aux pourparlers de paix.
- Combien de professeurs signataires ont-ils, depuis lors, perdu leur emploi ? Et combien y en a-t-il au total ?
- Combien d'universités ont-elles été fermées ?
- Quelles sont les conséquences de ces purges sur la coopération scientifique avec la Suisse ?
Stellungnahme des Bundesrates
Le Conseil fédéral suit avec attention les développements actuels en Turquie. Il reconnaît à la Turquie le droit de réagir aux menaces posées par le terrorisme et la tentative de coup d'État par des moyens proportionnés et conformes à l'ordre constitutionnel, aux principes de l'État de droit et aux obligations internationales de la Turquie. La Suisse est cependant préoccupée par l'ampleur des mesures prises et de la restriction des droits de l'homme survenues à la suite de la tentative de putsch, également en ce qui concerne les licenciements et les arrestations de fonctionnaires, de magistrats, de journalistes ou de personnes issues du monde académique. La Suisse appelle la Turquie à respecter les libertés fondamentales, les principes de l'État de droit et ses obligations internationales. La Suisse a clairement fait part de sa position à la Turquie aussi bien lors d'échanges bilatéraux que dans les enceintes multilatérales (ONU, OSCE, Conseil de l'Europe).
Après la tentative de coup d'État manquée de juillet 2016, le gouvernement turc a adopté le décret no 667, du 22 juillet 2016, visant notamment les écoles, les universités, les associations, les fondations, les internats et les institutions de santé présumés liés au mouvement güléniste. Selon les informations disponibles, 83 universitaires signataires de la pétition auraient été licenciés. De plus, 3855 autres universitaires auraient été licenciés et 15 universités fermées.
Plusieurs institutions suisses issues du monde scientifique ont dénoncé les mesures prises par les autorités turques envers des membres de la communauté scientifique turque. Les académies suisses des sciences soutiennent la position de la Fédération européenne des académies (All European Academies), appelant la Turquie à respecter la liberté et l'autonomie académiques. L'association Swissuniversities a également condamné les mesures prises à rencontre des hautes écoles turques et elle s'est jointe à la protestation de l'Association européenne des universités (European University Association). Les conséquences concrètes sur la coopération scientifique entre la Suisse et la Turquie sont difficiles à évaluer, dans la mesure où la coopération scientifique se fait sur la base de l'initiative des chercheurs et des institutions de recherche, dans le cadre de leur autonomie. Entre 2009 et 2015, le Fonds national suisse de la recherche scientifique a financé 32 projets impliquant des scientifiques suisses et turcs. L'évolution de ces chiffres dans les années à venir pourra donner une indication de l'impact des récents événements sur la coopération scientifique bilatérale.