17.5261 · Heure des questions. Question · 2017-05-31
Département des affaires étrangères
Liquidé
Wortlaut
Plus de six mois après le départ de l'"État islamique", sur les 50 000 habitants de la ville chrétienne de Karakoch, seuls 300 se sont réinstallés. Un peu à l'ouest, sur les 40 000 habitants yézidis (une minorité proche des Kurdes) de la ville de Sindjar, seules 350 familles sont là. Dans les deux cas, les gens ne reviennent pas car ils ont peur des escarmouches, tout le monde est armé.
La présence des casques bleus, en sécurisant ces villes, ne permettrait-elle pas leur reconstruction ?
Stellungnahme des Bundesrates
En 2003 et à la demande du gouvernement irakien, la Mission d'assistance des Nations Unies en Irak (MANUI) a été établie. Il s'agit d'une mission politique, qui ne contient aucun élément militaire. Sous la direction d'un envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU et en étroite collaboration avec le gouvernement irakien ainsi qu'avec la société civile, la MANUI coordonne les activités humanitaires et de développement des différentes institutions onusiennes.
Pour que des forces de maintien de la paix des Nations Unies (les casques bleus) soient déployées, il faut un mandat du Conseil de sécurité de l'ONU. Or, un mandat pour une mission de maintien de la paix n'existe pas et est peu probable dans un futur proche ; il n'y a dès lors aucune force de maintien de la paix de l'ONU en Irak. Il n'est donc pas possible d'engager de telles forces pour faciliter le retour des personnes déplacées.
La Suisse est fortement préoccupée par la crise humanitaire et politique qui touche l'Irak et le Conseil fédéral partage les inquiétudes à propos des conditions complexes pour un retour de la population déplacée. Le 1er juin 2017, la Suisse a appelé toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et à tout mettre en oeuvre pour protéger la population civile. Elle a également appelé ces mêmes parties au conflit à assurer un accès humanitaire rapide et sans entraves à tous les civils dans le besoin.
En réponse à la situation sur place, la Suisse a décidé de débloquer 1 million de francs supplémentaire pour soutenir les actions d'organisations non gouvernementales en matière de protection et d'accès à l'eau dans les zones où l'assistance est très insuffisante. Depuis le début de la crise en 2014, la Suisse a soutenu l'Irak avec des moyens dépassant les 40 millions de francs.