18.3276 · Postulat · 2018-03-15
Département de l'intérieur
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé d'analyser de manière approfondie l'impact de la nourriture fast-food sur notre génétique, en mettant un accent particulier sur les enfants et les jeunes adolescents, et de présenter un rapport à ce sujet.
Begründung
La nourriture servie dans les fast-foods impacterait notre génétique. C'est ce que révèle une étude réalisée par l'Université de Bonn en Allemagne et publiée dans la revue américaine "Cell" le 11 janvier 2018. Pour cela, les chercheurs ont observé les cellules sanguines de 120 personnes, dont la moitié mangeait au fast-food. Leur résultat est sans appel : les fast-food affaiblissent les défenses, à l'image d'une infection bactérienne. Et même après un retour à une alimentation plus saine, l'impact négatif sur le système immunitaire est durable. Pour parvenir à ce constat inquiétant, les universitaires de Bonn se sont intéressés à l'épigénétique, c'est-à-dire l'utilisation ou la non-utilisation que fait une cellule de certains gènes par adaptation à son environnement. Un volet jusque-là peu documenté par les scientifiques concernant la restauration rapide. Premier constat : les apports massifs et continus de corps gras et sucrés sont identifiés par les organismes comme une infection. Deuxième constat : ce régime rend les défenses de l'organisme plus agressives, et ce à long terme. Autrement dit, cette "infection" provoquée non pas par bactérie, mais consécutive à la prise d'une nourriture de restauration rapide a activé certains gènes, en réaction. Et notre système immunitaire réagit même aux plus petits stimuli avec des réponses inflammatoires plus fortes. Ces dernières peuvent favoriser le développement accéléré de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2.
Bien sûr, une consommation très occasionnelle de fast-food ne présente pas ces effets néfastes. Mais à l'heure où le fast-food s'installe de plus en plus dans notre alimentation quotidienne (la restauration rapide remplace par exemple de plus en plus les cantines scolaires), il convient d'analyser plus profondément son impact sur le long terme sur notre organisme.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
Une alimentation équilibrée et variée est une condition importante de bonne santé. En cas de consommation excessive de plats préparés, les consommateurs peuvent sans le savoir ingérer trop de sel, de sucre et de graisse. C'est pourquoi la Stratégie suisse de nutrition met l'accent, d'une part, sur le renforcement des compétences de la population suisse en matière de nutrition et, d'autre part, sur l'amélioration de la composition des denrées alimentaires et des repas.
Le communiqué de presse concernant l'étude de l'Université de Bonn citée par l'auteur du postulat pourrait conduire à des conclusions erronées, car l'étude n'a pas été réalisée sur des personnes, mais sur des souris. Les souris ont été soumises à un régime riche en graisse, en sucre et en sel, et non à une alimentation de type fast-food. En outre, les chercheurs ont utilisé pour certaines analyses des cellules isolées de sang humain. Par conséquent, il faudrait tout d'abord déterminer si les résultats de l'étude peuvent être transposés à l'être humain et, le cas échéant, dans quelle mesure.
Les recherches fondamentales comme l'étude de l'Université de Bonn sont cependant une condition essentielle d'une stratégie de nutrition fondée sur les faits. La Confédération soutient donc différents programmes de recherche nationaux et internationaux relatifs aux effets de l'alimentation sur la santé humaine. Des recherches pertinentes sont par exemple menées dans le cadre du Programme national de recherche 69 "Alimentation saine et production alimentaire durable" et, en collaboration avec l'UE, dans le cadre de l'initiative de programmation conjointe "Une alimentation saine pour une vie saine". On examine notamment la réaction des gènes à une alimentation à valeur énergétique élevée, mais aussi à une nutrition pauvre en calories.
Les rapports finaux concernant les programmes de recherche en cours et présentant une synthèse des résultats, les recommandations qui en découlent et, le cas échéant, de nouvelles mesures devraient être disponibles à l'été 2019. Le Conseil fédéral estime donc qu'il n'est pas indiqué de commander un nouveau rapport qui ferait double emploi avec les travaux de recherche qui sont déjà en voie de réalisation.
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.