19.3025 · Interpellation urgente · 2019-03-06
Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
Liquidé
Wortlaut
Depuis que le Conseil national a vidé la Loi sur le CO2 de sa substance, la jeunesse suisse, rejointe par des dizaines de milliers de citoyens de tous les âges, a manifesté sa révolte face à l'inaction des autorités. Elle exige que nous prenions des mesures fortes, pour éviter de soumettre nos enfants et petits-enfants à des dérèglements climatiques, mais aussi économiques et sociaux, sans précédents. Le Conseil fédéral doit entendre cet appel et donner les moyens aux particuliers comme aux entreprises de réorienter fondamentalement leurs pratiques, pour se libérer des énergies fossiles.
1. Les jeunes pour le climat demandent que la neutralité carbone soit atteinte en 2030. Or le projet du Conseil fédéral est insuffisant pour l'atteindre en 2050, comme l'exige l'Accord de Paris. Va-t-il revoir ses ambitions ?
2. Le Conseil fédéral est-il prêt à fixer des objectifs de réduction des émissions de CO2 au secteur financier, conformément à l'Accord de Paris, à exiger la transparence sur l'impact climatique des investissements, ainsi que des stratégies de mise en conformité de ces investissements avec les objectifs de l'Accord de Paris ?
3. Le Conseil fédéral est-il prêt à soumettre l'aviation au principe du pollueur-payeur et à assurer aux voyageurs des alternatives abordables, comme les trains de nuits ?
4. Va-t-il mettre en place une politique de mobilité respectueuse du climat, axée sur la réduction des trajets partout où c'est possible (notamment télétravail), sur des investissements dans les transports publics plutôt que dans les routes, sur la mobilité douce et l'auto-partage, et sur des prescriptions et incitations excluant les véhicules polluants du marché ?
5. Le Conseil fédéral est-il prêt à exclure l'installation de nouveaux chauffages à mazout et à accélérer massivement l'assainissement énergétique des bâtiments existants ?
6. Le Conseil fédéral va-t-il agir sur l'impact climatique de notre alimentation, en prenant des mesures pour réduire le gaspillage alimentaire et favoriser les produits locaux, de saison et à faible impact climatique ?
7. Va-t-il s'engager pour la justice climatique, en assurant, en Suisse, l'accessibilité économique des technologies et pratiques respectueuses du climat et, au niveau international, des moyens suffisants pour soutenir les pays pauvres face aux effets des changements climatiques et dans leur propre transition écologique ?