19.3449 · Motion · 2019-05-08
Département de justice et police
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé de proposer une modification de la loi fédérale sur le crédit à la consommation (LCC) qui permette de conclure et de révoquer un contrat de crédit à la consommation de manière numérique, donc autrement qu'en la forme écrite simple, sans que cela affecte la protection de l'emprunteur.
Begründung
La LCC dispose qu'un contrat de crédit doit être établi et révoqué en la forme écrite simple, ce qui, aux termes des art. 13 et 14 CO, suppose normalement la signature manuscrite des parties, notamment de l'emprunteur, à moins qu'elles ne disposent d'une signature électronique qualifiée, ce qui est rarement le cas. Cette exigence de la forme écrite empêche dans la pratique de pouvoir conclure et révoquer un contrat de manière entièrement numérique (donc en ligne). Même si tout est préparé par internet, l'emprunteur n'en devra pas moins signer en personne et à la main les documents nécessaires. Et s'il souhaite révoquer le contrat, il devra ensuite se rendre à la poste dans les deux semaines pour envoyer en recommandé l'avis de révocation. À quoi bon toutes ces contraintes inutiles ? Nombreux sont aujourd'hui les consommateurs qui souhaitent effectuer leurs actes juridiques en ligne, donc de manière numérique, conformément à leurs habitudes. Quant aux prestataires de services financiers, s'ils veulent rester compétitifs, ils doivent accélérer leur adaptation au numérique.
Nul ne conteste par ailleurs la nécessité, au cas où la procédure contractuelle entièrement dématérialisée serait mise en place, de protéger l'emprunteur contre le piège d'un contrat trop vite conclu. On utilisera pour ce faire avec discernement les outils numériques qui existent (fenêtres d'information et autres messages d'avertissement, dont il faudra éventuellement confirmer avoir pris connaissance). Ils devraient être plus efficaces que les exigences formelles qui prévalent aujourd'hui.
Le droit suisse des contrats repose sur le principe qui veut qu'on puisse choisir librement la forme du contrat qu'on souhaite, et ne prescrit que pour certains rares cas l'obligation de s'en tenir à une forme particulière. Le Conseil fédéral lui-même a admis dans le cadre des travaux qu'il a effectués préalablement au projet FinTech que l'exigence de la forme écrite constituait un obstacle à l'innovation (voir le rapport explicatif relatif au projet dit FinTech, p. 21). C'est pourquoi la présente motion propose en matière de crédit à la consommation de mettre en place des solutions numériques conviviales, avantageuses et compétitives à l'échelle internationale qui puissent se substituer à cette exigence, et de créer les conditions d'une amélioration de la protection des clients.