Gestion du trafic aux portails du tunnel du Saint-Gothard. Alors que le nombre de transits est stable, les embouteillages augmentent. Pourquoi et comment entend-on améliorer la situation?
19.4216 · Interpellation · 2019-09-26
Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est prié de répondre aux questions suivantes :
1. Depuis 1995, le nombre de transits à travers le tunnel du Saint-Gothard est resté globalement stable, alors que les embouteillages aux portails ont considérablement augmenté ces dernières années. Le Conseil fédéral confirme-t-il cette appréciation et si oui, comment l'explique-t-il ?
2. Vu cette évolution préoccupante, a-t-on envisagé des mesures pour améliorer la situation ?
3. Sans porter préjudice à la sécurité, le Conseil fédéral ne pense-t-il pas que le système de gestion du trafic "au compte-gouttes" aux deux portails, en particulier, devrait être revu et dynamisé ?
4. Pour quelle raison la troisième voie (bande d'arrêt d'urgence) du portail sud, n'est-elle pas transformée en sortie pour ceux qui veulent emprunter le col du Saint-Gothard ou celui de la Novena, au moins pendant l'été, à l'exemple de ce qui se fait au portail nord ?
5. Des mesures visant à accélérer les interventions de secours, en cas de pannes ou d'accidents dans le tunnel, sont-elles envisageables afin de réduire le temps de fermeture du tunnel ?
Begründung
Les statistiques montrent que, depuis 1995, le nombre de transits à travers le tunnel du Saint-Gothard a connu des hauts et des bas mais est resté stable dans l'ensemble. On a pourtant l'impression que les heures d'embouteillage aux deux portails se sont multipliées, surtout ces dernières années, même hors des périodes critiques, avec les répercussions environnementales qu'on imagine pour la population du canton d'Uri et de la Leventina. L'augmentation du trafic parasite dans les villages n'est pas non plus négligeable. Des statistiques confirment-elles cette impression ? Quoi qu'il en soit, l'augmentation des embouteillages est difficilement justifiable alors que le nombre de transits reste stable. Nombreux sont ceux, experts compris, qui pensent que le système du compte-gouttes doit être revu et dynamisé. Il serait souhaitable que l'OFROU se penche sur la question et cherche des solutions de remplacement. On se demande également pourquoi on n'utilise pas la bande d'arrêt d'urgence comme sortie vers les cols au portail sud, au moins pendant l'été, alors qu'on le fait au portail nord. Enfin, il faut améliorer la gestion des pannes et des accidents, afin de réduire le temps de fermeture du tunnel.
Stellungnahme des Bundesrates
1. Dans l'ensemble, le volume global de trafic annuel au Gothard a diminué, pour passer d'environ 6,8 millions de véhicules en 2000 à quelque 6,5 millions de véhicules en 2017. Le trafic lourd en particulier a reculé, passant de près de 1 187 000 à 698 000 véhicules. Cette évolution réjouissante est le fruit de la politique de transfert modal de la Confédération. Par contre, le nombre de voitures de tourisme et le trafic touristique au Gothard ont eu tendance à augmenter ces dernières années. À cet égard, le volume de trafic se concentre toujours plus sur les périodes de vacances (23 053 véhicules par jour en moyenne en août 2007, contre 25 276 en août 2017) et les week-ends (trafic journalier moyen le dimanche : 18 567 véhicules en 2007, contre 20 500 en 2017), ce qui entraîne une augmentation du nombre d'heures d'embouteillage.
2. En collaboration avec les autorités cantonales, l'Office fédéral des routes (OFROU) a déjà mis en oeuvre différentes mesures visant à améliorer les conditions de circulation au tunnel routier du Gothard. Parmi ces mesures figurent notamment les fermetures temporaires des entrées d'autoroute de Göschenen et Airolo. En outre, l'OFROU réfléchit à la possibilité d'installer des systèmes d'harmonisation des vitesses sur les voies d'accès pour pouvoir maintenir plus longtemps la fluidité du trafic.
3. Le système du compte-gouttes sert en premier lieu à assurer la sécurité routière et a fait ses preuves depuis son introduction en 2002. Il régule le débit en fonction du volume de trafic au moyen d'installations de signaux lumineux. Le nombre de poids lourds est déterminé par rapport au volume de voitures de tourisme, sachant qu'il ne faut pas dépasser les 1000 unités-voitures particulières (UVP) par heure et par sens de circulation (un poids lourd correspond à trois UVP). L'expérience montre que ce volume permet de garantir au mieux la fluidité du trafic dans le tunnel si les mesures de sécurité, en particulier les distances entre les véhicules, sont respectées. En cas de risque d'embouteillage dans le tunnel, le nombre de véhicules autorisés à passer est réduit jusqu'à ce que le trafic s'écoule de nouveau de manière fluide. Le Conseil fédéral considère qu'il n'y a aucune raison de modifier le système actuel, qui a fait ses preuves.
4. Actuellement, en raison des travaux de construction en cours, le trafic est régulé en amont du tunnel de Stalvedro. Par conséquent, ouvrir la troisième voie de circulation dans le but de privilégier la sortie vers Airolo ne permettrait pas d'améliorer la fluidité du trafic. Par contre, la fermeture de la bande d'arrêt d'urgence garantit que les véhicules d'intervention peuvent passer à tout moment. Au terme des travaux, il est prévu de prolonger la bretelle de sortie vers Airolo sur la bande d'arrêt d'urgence, à l'image de ce qui se fait déjà au portail nord.
5. Il appartient aux services d'urgence cantonaux de porter secours aux victimes d'accidents et de dégager de la voie les véhicules accidentés ou en panne. Le tunnel ne peut être rouvert à la circulation qu'à partir du moment où ces services sont en mesure de garantir la sécurité de l'ensemble des usagers de la route. Ils y parviennent généralement dans les plus brefs délais, en tenant compte de toutes les circonstances. De manière générale et indépendamment de tels événements, l'OFROU réfléchit, en collaboration avec la police et le service du feu au Gothard, à des mesures permettant une évacuation encore plus rapide des lieux d'accident.
Réponse du Conseil fédéral.