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21.3172 · Motion · 2021-03-15

Département des affaires étrangères

Liquidé

Wortlaut

Le Conseil fédéral est chargé de créer en Suisse un lieu de commémoration officiel des victimes du national-socialisme et, si nécessaire, les bases légales pour ce faire. L'objectif est de ne pas oublier ce qui s'est passé et de renforcer par un travail de médiation la conscience de l'importance que revêtent la démocratie et l'État de droit, en particulier chez les jeunes.

Begründung

La catastrophe causée par le national-socialisme en Europe et son effet sur la Suisse en tant que démocratie et État de droit risquent de tomber dans l'oubli. Le nombre des témoins de cette époque ne cesse en effet de diminuer. Or il est indéniable qu'il faut garder cet épisode de l'histoire en mémoire. Les générations futures doivent également savoir ce qui s'est passé afin de pouvoir prendre conscience de la fragilité de la démocratie et de l'État de droit et à quoi le racisme et la discrimination peuvent conduire. Le 27 janvier 2021, dans le message officiel du gouvernement à l'occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, comme l'avait fait l'année précédente la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga, le président de la Confédération Guy Parmelin a rappelé quel était l'enjeu : " Se souvenir des victimes, prévenir de nouvelles atrocités ".

De 1933 à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, des millions de personnes ont été victimes d'une politique méprisant la vie humaine. Il y avait parmi elles également des Suisses, ce dont on a pendant longtemps pratiquement pas tenu compte, mais que des travaux de recherche ont entre-temps documenté. Environ un millier de personnes de nationalité suisse ou nées en Suisse étaient détenues dans des camps de concentration. Plus de 450 d'entre elles n'ont pas survécu. Outre les personnes persécutées ou assassinées, on pense également à celles qui ont été renvoyées à la frontière suisse, sans oublier les Suisses qui se sont courageusement opposés au national-socialisme ou qui ont aidé des personnes persécutées.

Pour toutes ces raisons, la Suisse est depuis 2004 membre de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste, une institution qui rassemble des gouvernements et des experts dans le but de renforcer et de promouvoir l'éducation, le travail de mémoire et la recherche sur l'Holocauste. La Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, instaurée en 2005, oeuvre également en ce sens. Depuis lors, à cette occasion, la présidente ou le président du Conseil national s'exprime chaque année à ce sujet lors d'une allocution officielle. En 2017/2018, la Suisse a assumé la présidence de l'Alliance. Et en 2019, le Conseil fédéral a déclaré dans sa réponse à l'interpellation 18.4270 Barrile (Monument officiel commémorant les victimes suisses du nazisme. Position du Conseil fédéral) que les services compétents de l'administration fédérale approchaient la question d'un monument ou d'un mémorial avec un esprit ouvert et que la forme et le contenu du soutien de la Confédération au projet pourraient être précisés dès l'instant où celui-ci serait mieux défini.

Le projet du groupe de pilotage " Mémorial suisse aux victimes du national-socialisme " est entre-temps disponible et sera présenté au Conseil fédéral et au public au cours des prochaines semaines. Il bénéficie du soutien de nombreuses personnes et institutions, dont les églises nationales ou l'Organisation des Suisses de l'étranger. Le projet comprend un lieu de commémoration, pris en charge par la Suisse officielle, dans l'espace public, ainsi qu'une offre de formation et d'information. Afin de mener à bien ce projet, le Conseil fédéral doit maintenant concrétiser ses paroles par des actes : il doit créer un lieu de commémoration des victimes du national-socialisme pour que la Suisse dispose elle aussi d'un endroit officiel et pris en charge par l'État qui soit propice au souvenir et à la réflexion, comme c'est le cas dans la plupart des autres États membres de l'Alliance, dont des pays neutres tels que la Suède.

Antrag des Bundesrates

Le Conseil fédéral propose d'accepter la motion.

Stellungnahme des Bundesrates

Le Conseil fédéral sait combien il est primordial de sensibiliser la population aux terribles conséquences du national-socialisme et de perpétuer notamment le souvenir de l'Holocauste et de toutes ses victimes au destin tragique. Cela est particulièrement important pour les jeunes générations. Le Conseil fédéral souligne le rôle que jouent à cet égard la recherche historique de même que les efforts de mémoire, de commémoration et de prévention. C'est pourquoi il est également favorable à la création d'un mémorial suisse. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), en collaboration avec les autres départements intéressés, notamment le Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR) et le Département fédéral de l'intérieur (DFI), ainsi qu'en association avec les cantons concernés, présentera au Conseil fédéral des options pour la réalisation d'un tel lieu de commémoration en Suisse, ainsi que des formes de transmission appropriées.

Le Conseil fédéral propose d'accepter la motion.