Centre suisse islam et société de Fribourg. Vérifier s'il y a lieu de couper les fonds publics
21.3767 · Postulat · 2021-06-17
Département de l'économie, de la formation et de la recherche
Liquidé
Wortlaut
Au vu de sa réponse à la question 20.1076 " Centre suisse islam et société de l'Université de Fribourg. Chance ou risque dans l'optique de la radicalisation ? " et des nouvelles informations recueillies sur le CSIS, le Conseil fédéral est chargé de rédiger un rapport détaillé sur les activités de celui-ci, dans lequel il analysera de manière approfondie les aspects problématiques mis en évidence ci-après, afin d'établir s'il y a lieu de couper les fonds octroyés par la Confédération.
Begründung
Le Centre suisse islam et société (CSIS) de l'Université de Fribourg promeut la visibilité des musulmans dans l'espace public. Les formatrices du CSIS portent le voile (1). Le CSIS énumère les éléments de " visibilité " suivants : minaret, voile à l'école, voile intégral, enseignement de la natation pour musulmans à l'école, refus de la poignée de main entre hommes et femmes. Il note que chacun de ces thèmes " a tendance à être vu comme un problème " (2).
Le CSIS s'adresse aux croyants pratiquants, une petite minorité selon l'OFS (3). Il enseigne les " sciences de l'islam ", mélangeant religion et sciences.
Exemples de positions choquantes :
- Interrogé par des membres de l'équipe féminine, un des directeurs du CSIS explique comment utiliser la loi suisse pour privilégier un fils par rapport à sa soeur dans une succession, conformément à la loi islamique (4).
- Dans son document " L'islam visible au travail ? ", le CSIS postule que les signes d'appartenance à l'islam devraient être acceptés dans les entreprises et accuse de discrimination et de racisme les dirigeants qui s'y opposent (5).
Ces positions sont diffusées dans des institutions laïques comptant un grand nombre de musulmans en qualité d'experts formés par le CSIS. Selon ce dernier, les associations musulmanes se consacrent à l'intégration et ne sont pas radicalisées. Il ignore les mosquées liées à l'islam turc, au wahhabisme et aux Frères musulmans. De nombreux documents montrent toutefois qu'elles sont influentes (6). Dans son édition du 29 mai 2021, 24 heures a qualifié d'extrémistes les invités du Centre culturel musulman de Lausanne (7).
Selon le CSIS, les associations islamiques devraient être rapprochées des institutions publiques et leur personnel devrait être professionnalisé et financé par l'État (8). Voilà qui sonnerait le glas de la laïcité de notre pays.
Sources du développement :
(1) M.S. Purdie, "Le CSIS oeuvre-t-il à vraiment à l'intégration des musulmans ?", p. 41-44
(2) "Les musulmans dans l'espace public et médiatique", CSIS Papers 5, p. 9.
(3) Selon l'OFS, les musulmans ne sont très peu pratiquants. (Swissinfo, 08.02.2021).
(4) https ://doc.rero.ch/record/327527 ?ln=fr "À propos de l'héritage : Usages et enjeux pour les musulman-e-s de Suisse"
(5) CSIS-Paper 9 "Dans le cadre d'une réflexion sur les liens entre islam et travail, c'est une définition de la discrimination raciale qui sera privilégiée dans ce texte"
(6) "Qatar Papers" de C. Chesnot et G. Malbrunot ; "La Suisse plaque tournante de l'islamisme" de Saïda Keller Messahli ; "Le radicalisme dans les mosquées suisses" de Mireille Vallette.
(7) 24 Heures
https ://www.24heures.ch/la-mosquee-de-prilly-cumule-les-invites-sulfureux-613308719720
(8) "Formation continue sur l'islam en Suisse, État des lieux et analyse des besoins" (en partie en allemand et en partie en français).
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose d'accepter le postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
Dans sa réponse du 12 mai 2021 à la question 20.1076, le Conseil fédéral a présenté le statut, les tâches et les sources de financement du Centre suisse Islam et société (CSIS). Il a également précisé qu'une évaluation finale externe sera menée pour examiner l'effet des contributions liées à des projets selon la loi sur l'encouragement et la coordination des hautes écoles (LEHE ; RS 414.20) et le rôle du CSIS à l'interface entre la science, la religion et la société. Cette évaluation débutera dans le courant de l'année et portera également sur les questions soulevées par l'auteur du postulat.
Le Conseil fédéral propose d'accepter le postulat.