22.4292 · Interpellation · 2022-11-30
Département de l'économie, de la formation et de la recherche
Liquidé
Wortlaut
Agroscope et l'Office fédéral des statistiques sont des institutions dont les informations sont importantes et utiles. Sauf que, souvent, elles prêtent à confusion notamment dans leur retranscription parfois trop simplifiée dans les médias. Ainsi, leurs deux communiqués, diffusés simultanément le 4 octobre dernier, en sont un exemple.
La solution n'est-elle pas dans l'obligation d'une publication commune ?
Begründung
Le 4 octobre 2022, Agroscope annonçait, par voie de communiqué, qu'en " 2021,
le revenu agricole a augmenté de 1,9 % par rapport à 2020 ". Le même jour, également par voie de communiqué, l'Office fédéral des statistiques annonçait, lui, dans son estimation 2022 sur les comptes économiques de l'agriculture, " une baisse du revenu sectoriel de 3,9 % ".
La retranscription dans les médias de ces communiqués a engendré une regrettable confusion. Ainsi, on annonce une augmentation des revenus agricoles - alors que ces augmentations ne concernent que l'année 2021. Et on annonce en même temps une forte dégradation pour 2022...
Ces informations, certes pas contradictoires, sont de nature à déstabiliser la profession comme l'ensemble de nos concitoyens et concitoyennes - déjà peu familiers à comprendre la complexité de la comptabilité paysanne !
Je demande au Conseil fédéral, par voie d'interpellation, s'il ne doit pas exiger de ces deux institutions une publication coordonnée et suffisamment explicite de ces résultats afin d'éviter toute confusion néfaste à l'image de notre monde agricole ?
Stellungnahme des Bundesrates
L'Office fédéral de la statistique (OFS) et Agroscope publient simultanément deux statistiques complémentaires sur la situation économique de l'agriculture. Ces études se rapportent à des périodes distinctes. Les Comptes économiques de l'agriculture (CEA) établis par l'OFS constituent un compte rendu macroéconomique de l'activité du secteur agricole ; à partir de cette statistique de synthèse, il est possible de donner en automne une première estimation des résultats obtenus par le secteur pendant l'année en cours. Quant à l'institut de recherche Agroscope, il a formé parmi les exploitations un réseau d'information comptable agricole dont les données, tirées d'un panel constitué de façon aléatoire, caractérisent la situation de l'agriculture au niveau microéconomique, telle qu'elle apparaît au terme de l'exercice comptable précédent.
Il est donc évident que ces méthodes dissemblables, appliquées à des périodes distinctes (exercice précédent ou année en cours) ne peuvent aboutir qu'à des résultats différents en ce qui concerne l'évolution du revenu agricole.
Le problème soulevé par l'auteur de l'interpellation réside surtout dans la perception de la problématique par la presse et le public. C'est pourquoi les services fédéraux concernés (OFS, Agroscope, Office fédéral de l'agriculture) ont reconsidéré dès 2017 la manière de communiquer à ce sujet :
- Les deux communiqués de presse, celui de l'OFS et celui d'Agroscope, sont dorénavant publiés en même temps à l'occasion de la Journée de l'économie agricole organisée par l'institut de recherche agronomique. L'OFS comme Agroscope présentent les résultats de leurs études statistiques lors de cette journée, qui permet de répondre à des questions spécifiques.
- Les deux communiqués de presse mettent en lumière les particularités des deux statistiques en explicitant les différences de méthode qui les séparent ainsi que leur complémentarité.
- À cet égard, l'OFS a publié un document intitulé " Les deux baromètres de l'agriculture suisse ", consultable sous www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/agriculture-sylviculture/comptes-economiques-satellites/agriculture.assetdetail.3865383.html.
Le Conseil fédéral doute que la proposition émise par l'auteur de l'interpellation, à savoir réunir les informations dans un seul communiqué de presse, apporte un progrès substantiel à la compréhension du problème. Il craint au contraire qu'elle ne brouille complètement le message, compte tenu des divergences de méthode statistique et des différences entre les périodes considérées. Le Conseil fédéral sait qu'il est nécessaire de contribuer à diffuser de l'information statistique par la presse. C'est pourquoi il est disposé à charger les services concernés de coordonner encore mieux leurs activités de communication dans le domaine, notamment en ce qui concerne les communiqués de presse, afin de rendre cette communication plus claire, tout en respectant les principes statistiques de transparence et d'indépendance.
Réponse du Conseil fédéral.