La Patrouille Suisse n’est pas un simple hobby, elle participe à la capacité de défense de notre pays
24.3720 · Motion · 2024-06-14
Département de la défense, de la protection de la population et des sports
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé de maintenir la formation de jets qu’est la Patrouille Suisse.
Begründung
La Patrouille Suisse est la formation de vol acrobatique sur jets officielle de l’Armée suisse. Ambassadrice de la Suisse et des Forces aériennes, elle fait vibrer le public depuis 60 ans en Suisse et à l’étranger. Elle présente la performance, la précision et la disponibilité de l’Armée Suisse à l’occasion des démonstrations de vol en formation de ses 6 avions de combat supersoniques.
Depuis 60 ans, elle est le fleuron des Forces aériennes suisses. Elle se distingue à haut niveau par sa perfection, sa performance et sa précision, et contribue ainsi grandement à la force de dissuasion de notre pays.
Les pilotes de la Patrouille Suisse sont à l’origine issus d’une des escadrilles de F/A-18 Hornet. Ils y participent à titre accessoire, en plus de leur activité de sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien et de service de police aérienne, ce qui montre leur polyvalence et leur engagement en faveur de la Suisse.
Depuis 1995, la Patrouille Suisse vole sur des F-5 Tiger. Contrairement à de nombreuses autres formations de démonstration, elle vole donc sur des avions de combat utilisés activement par les Forces aériennes, démontrant ainsi la disponibilité opérationnelle et le savoir-faire des pilotes.
Les F-5 Tiger sont en outre utilisés lors de l’instruction des pilotes comme représentation de cibles, à des fins d’instruction, comme avions-remorqueurs et pour des vols d’essai. Ils soulagent ainsi la flotte de F/A 18 Hornet, qui doit rester en service au moins jusqu’en 2030.
Les États-Unis ont reconnu la valeur des F-5 Tiger. Les Forces aériennes suisses ont vendu des avions de combat Tiger aux forces armées des États-Unis par l’intermédiaire d’armasuisse. L’US Navy utilise ces avions comme représentation de cibles à des fins d’entrainement.
L’utilisation d’un nombre minimum de F-5 Tiger n’est donc pas un luxe, mais elle contribue à la capacité de défense et à la force de dissuasion de notre pays.
Antrag des Bundesrates
Rejet
Stellungnahme des Bundesrates
Le F-5 TIGER est obsolète à tous points de vue : depuis une décennie, il ne peut plus être engagé en tant qu’avion de combat dans des missions de protection de l’espace aérien ou de police aérienne de nuit ou par mauvais temps. Il est de moins en moins à même de décharger le F/A-18 Hornet. Il n’est plus utilisé dans la formation des pilotes. À la suite de l’introduction du F-35A LIGHTNING, la mission d’agresseur du F-5 disparaîtra également, car il ne représente pas un adversaire crédible face à un jet de cinquième génération. Le DDPS examine actuellement la possibilité de poursuivre la Patrouille Suisse avec un autre type d’avion. La solution du jet n’est toutefois pas une option sur le plan opérationnel et pour des raisons d’exploitation et d’instruction : le F/A-18 arrive en fin de vie et doit assurer les missions primaires des Forces aériennes jusqu’à l’introduction du F-35A. Chaque année, les coûts d’exploitation pour l’entretien, le carburant et le personnel s’élèvent à environ 40 millions de francs. En l’absence de défaillances techniques graves, les F-5 ne pourront être exploités que jusqu’en 2027 sans investissements supplémentaires. Après 2027, l’exploitation de douze avions nécessitera un investissement de 9 à 15 millions de francs pour les sièges éjectables et l’avionique. Le personnel devrait être renforcé, car les ressources actuelles suffisent seulement à couvrir les besoins de l’exploitation du F/A-18 et de l’introduction et l’exploitation ultérieure du F-35A. Si les F-5 devaient continuer à être utilisés après 2027 en tant qu’avions-agresseurs modernes – exclusivement pour les F/A-18 –, les coûts d’investissement s’élèveraient à environ 80 millions de francs pour douze avions. Les coûts d’une poursuite de l’exploitation du F-5 dans le cadre actuel pour les dix prochaines années devraient approcher le demi-milliard de francs, une somme dont l’armée a par ailleurs urgemment besoin pour renforcer ses capacités de défense. Le rapport « Avenir de la défense aérienne » prévoit expressément une stratégie de flotte unique pour remplacer le F/A-18. La poursuite de l’exploitation du F-5 n’a jamais été planifiée, si bien qu’il manque le personnel, l’infrastructure et les moyens financiers nécessaires. Elle engagerait en outre des ressources indispensables à la mise en service du F-35A. Le Conseil fédéral est d’avis que le F-5 ne contribue plus à la capacité de défense ou de dissuasion. Il estime que tout investissement supplémentaire dans le F-5 serait une erreur.
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.