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24.4215 · Interpellation · 2024-09-27

Département de la défense, de la protection de la population et des sports

L’avis relatif à l’intervention est disponible

Wortlaut

Il y a un an, le Conseil fédéral a répondu à l’interpellation 23.3689 (« Les systèmes de sécurité informatique de la Confédération face à la menace de l'informatique quantique »).
Les évolutions en cours à l’échelle mondiale dans ce domaine soulèvent les questions suivantes :

  1. Quelles mesures concrètes le Conseil fédéral a-t-il prises pour élaborer des lignes directrices claires et des calendriers à l’intention des entreprises informatiques suisses qui désirent obtenir le statut de prestataire de confiance dans le domaine des algorithmes sûrs face à la menace de l’informatique quantique ?

  2. A-t-on élaboré une stratégie visant à utiliser de manière ciblée le savoir-faire existant en Suisse dans le domaine de la cryptographie (notamment au sein d’institutions telles qu’IBM Rüschlikon), en vue de renforcer la cybersécurité en Suisse ?

  3. Quelles mesures a-t-on prises pour accélérer le développement et la mise en place en Suisse de nouvelles normes de cryptage qui soient sûres face à la menace de l’informatique quantique ? Comment le Conseil fédéral garantit-il que la Suisse ne restera pas à la traîne ?

  4. Comment, selon lui, les choses progressent-elles dans le domaine de la technologie quantique en Suisse, en comparaison internationale, compte tenu en particulier des évolutions que l’on observe aux États-Unis et en Chine ?

Begründung

Les États-Unis ont déjà édicté des règles claires pour les entreprises informatiques qui souhaitent conserver le statut de prestataire de confiance, en leur fixant notamment des délais pour l’introduction de nouveaux algorithmes qui soient sûrs face à la menace de l’informatique quantique.
La Chine a, quant à elle, déjà défini de nouvelles normes de cryptage sûres face à la menace de l’informatique quantique. Elle considère d’ailleurs l’informatique quantique comme une technologie essentielle dans les efforts qu’elle déploie pour supplanter l’Occident dans le domaine de la technologie. Dans ce contexte, il est urgent que la Suisse se prépare de manière plus soutenue à l’avènement de l’ère des ordinateurs quantiques.
La NZZ a publié en août un article approfondi sur la question (https://shorturl.at/sE0MT).

Stellungnahme des Bundesrates

1. Un statut de partenaire de confiance attribué par la Confédération n’existe pas en Suisse. Par conséquent, la Confédération ne peut pas non plus élaborer de directives mentionnant les exigences requises pour son obtention. 2. La Confédération a des échanges réguliers avec des experts au sujet de la cybersécurité et spécifiquement aussi au sujet du chiffrage résistant aux ordinateurs quantiques. La collaboration est fonction des besoins. Aucune stratégie n’a été développée à cet effet. 3. Des organismes internationaux de normalisation ont identifié des algorithmes de cryptage sûrs pour faire face à la menace de l’informatique quantique. À la mi-août 2024, le National Institute of Standards and Technology (NIST, États-Unis) a publié trois normes (FIPS 203, FIPS 204 et FIPS 205) pour la procédure de transport cryptée ML-KEM et pour les deux procédures de signature ML-DSA et SLH-DSA. Dans l’ensemble, d’autres travaux de standardisation sont néanmoins nécessaires avant de pouvoir introduire des lignes directrices claires et des calendriers dans ce domaine. Parallèlement à ces travaux, les autorités et les entreprises doivent vérifier les risques auxquels elles sont exposées, examiner les technologies de chiffrage qu’elles utilisent aujourd’hui et évaluer la nécessité de l’adoption d’algorithmes sûrs face à la menace que représente l’informatique quantique. L’Office fédéral de la cybersécurité contribue à la sensibilisation des entreprises et des autorités à ce thème et a publié des recommandations techniques. Pour des analyses approfondies et pour la mise en œuvre de mesures techniques, on peut compter en Suisse sur une bonne offre de prestataires de conseil privés. En outre, des prestataires internationaux de logiciels intègrent dans leurs produits des solutions offrant une protection contre les dangers de l’informatique quantique, raison pour laquelle les solutions de ce type vont se propager rapidement. Dès lors, le Conseil fédéral ne voit pas les raisons pour lesquelles la Suisse resterait à la traîne des développements internationaux, ni la nécessité de prendre mesures supplémentaires au niveau fédéral. 4. Dans sa réponse à l’interpellation 23.3614 Schneider-Schneiter, le Conseil fédéral a montré que la Suisse figure en bonne place en comparaison internationale grâce aux nombreuses initiatives lancées par les hautes écoles dans le domaine de la technologie quantique.