24.4517 · Motion · 2024-12-19
Département des finances
En commission du Conseil des Etats
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé de procéder aux changements législatifs nécessaires pour que les revenus obtenus par les personnes exerçant une activité lucrative après l’âge de la retraite soient exonérés de l’impôt fédéral.
Begründung
Une part toujours plus grande de la population se trouve à la retraite. Cette tendance ne fera que s’accentuer dans les prochaines années à mesure que la génération des baby-boomers partira à la retraite. Aujourd’hui déjà, de nombreuses personnes souhaitent exercer une activité lucrative même après l’âge de la retraite. Ces travailleurs font profiter l’économie de leurs longues années d’expérience et peuvent, en plus de maintenir des liens sociaux, améliorer leurs revenus. En outre, ils paient des impôts sur le revenu qui bénéficient à la collectivité. Leur engagement professionnel devrait être récompensé par une exonération de l’impôt fédéral.
Antrag des Bundesrates
Rejet
Stellungnahme des Bundesrates
En période de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, le maintien dans la vie active des personnes ayant atteint l’âge de la retraite est particulièrement important pour l’économie et la prospérité de la Suisse. Depuis l’entrée en vigueur le 1er janvier 2024 de la réforme AVS 21, acceptée en votation populaire le 25 septembre 2022, ces personnes peuvent mieux adapter leur retraite à leurs besoins spécifiques. Par exemple, elles peuvent désormais percevoir leur rente de manière flexible entre 63 et 70 ans. De plus, si elles poursuivent une activité lucrative après l’âge de référence de 65 ans, les cotisations AVS payées à partir de là peuvent être prises en compte pour combler des lacunes de cotisation ou améliorer la rente afin d’atteindre le maximum. De leur côté, les institutions de prévoyance professionnelle doivent permettre un report des prestations de vieillesse jusqu’à l’âge de 70 ans et offrir la possibilité d’une retraite partielle.Dans son rapport donnant suite au postulat 19.3172 « Promouvoir le maintien dans la vie active après l’âge réglementaire de la retraite », le Conseil fédéral examine de plus près si les incitations à poursuivre une activité lucrative après l’âge de la retraite pourraient être renforcées par un allégement de la charge fiscale grevant le revenu de cette activité. Il y note qu’un tel allégement se traduirait par une inégalité de traitement par rapport aux autres personnes actives et qu’il ne se fonderait sur aucune base constitutionnelle existante.Si la présente motion était mise en œuvre, la Confédération et les cantons verraient leurs recettes diminuer ; le manque à gagner ne peut cependant être estimé faute de données statistiques. De plus, l’introduction d’un allégement fiscal limité à l’impôt fédéral direct nuirait à l’harmonisation de l’imposition du revenu, car en vertu de l’art. 7 de la loi fédérale sur l’harmonisation des impôts directs des cantons et des communes, tous les revenus réalisés après l’âge de référence continueraient d’être imposés au niveau cantonal. Il existe d’autres possibilités pour renforcer d’une manière générale les incitations fiscales à exercer une activité lucrative. Le 21 février 2024, le Conseil fédéral a adopté le message relatif à l’initiative populaire « Pour une imposition individuelle indépendante de l’état civil (initiative pour des impôts équitables) » et à son contre-projet indirect (loi fédérale sur l’imposition individuelle). L’imposition individuelle stimulerait l’offre de travail de manière ciblée : elle allégerait la charge fiscale qui pèse sur le revenu secondaire des époux, ce qui profiterait avant tout aux personnes mariées qui travaillent à temps partiel et qui réagiront donc de manière plus élastique à ce changement.
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.