Cadence à la demi-heure entre Lucerne et Berne. Les nuisances liées aux travaux permettront-elles au moins une mise en service plus rapide ?
25.4271 · Interpellation · 2025-09-26
Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
L’avis relatif à l’intervention est disponible
Wortlaut
La cadence à la demi-heure entre Lucerne et Berne figurait déjà dans l'étape d'aménagement 2025, mais sa mise en œuvre n’est pas près d’aboutir. Les motifs invoqués pour expliquer ce retard sont divers projets devant être réalisés préalablement, par exemple dans la gare de Berne et ses alentours, à Zofingue, à Dagmersellen et sur le tronçon Brittnau-Wikon-Rothenburg. Selon les dernières informations fournies, la cadence à la demi-heure pourrait être instaurée fin 2036 au plus tôt.
Par ailleurs, on vient d’apprendre que la gare de formation des trains de marchandises de Zofingue allait être transférée à Dagmersellen afin de libérer la place nécessaire pour installer la voie de rebroussement sans laquelle, selon la planification actuelle, la cadence à la demi-heure entre Lucerne et Berne ne pourra pas voir le jour. Ce projet nécessite l’acquisition de terrains à Dagmersellen, et le chantier devrait durer quatre ans. Les travaux doivent commencer en 2028.
Nous prions le Conseil fédéral de bien vouloir répondre aux questions qui suivent.
1. Admettons que les travaux prennent fin en 2032 comme prévu. Cela veut-il dire que la cadence à la demi-heure entre Lucerne et Berne sera instaurée à ce moment-là ? Ou plutôt : quelle est l’infrastructure déterminante pour la mise en place de cette cadence, ou du moins d’une solution transitoire impliquant des trains supplémentaires ?
2. À quoi correspondent les quatre années de travaux annoncées ?
3. Quelles améliorations compenseront, pour la population, ces années de chantier et de bruit ?
4. Dagmersellen doit aussi recevoir une interface multimodale pour relier les bus et les trains, ce qui nécessitera de prolonger le passage souterrain pour piétons. Les CFF sont-ils disposés à participer au financement de ce prolongement en guise de compensation des nuisances occasionnées par les travaux ?
Stellungnahme des Bundesrates
1. Les infrastructures pertinentes pour l’introduction de la cadence semi-horaire Berne–Lucerne sont, outre celles prévues dans le cadre de l’aménagement du nœud de Berne, les infrastructures prévues par les mesures à Zofingue ainsi que dans le corridor Zofingue–Emmenbrücke. La mesure à Dagmersellen est la condition préalable pour pourvoir commencer la transformation de la gare de Zofingue. Celle-ci est à son tour nécessaire pour introduire le nouveau projet d’offre incluant des trains semi-horaires Berne–Lucerne et le rebroussement simultané des trains en provenance d’Olten ( –Bâle). Au sens d’une vision globale, les CFF analysent en permanence la mise en œuvre la plus efficiente, en tenant compte de tous les aspects liés à la sécurité et à la clientèle.
Différentes mesures dans la région de Berne et de Lucerne ont fait l’objet de la vérification externe de l’aménagement routier et ferroviaire, intitulée Transports ’45 et effectuée par l’EPFZ. Le Conseil fédéral analysera les conclusions de cette expertise externe et informera en temps voulu sur les mesures proposées pour ces régions dans le cadre du prochain message sur l’aménagement ferroviaire. 2. La répartition des travaux sur quatre ans pour l’adaptation des installations à Dagmersellen découle de la phase actuelle d’étude de projet (projet de mise à l’enquête / projet de l’ouvrage). La durée des travaux résulte de l’addition des phases de planification, de préparation et d’exécution ainsi que d’autres contraintes. Dans le cadre de l’étude de projet, les différentes exigences sont prises en considération et les possibilités de réaménagement de la gare sont examinées en tenant compte du maintien d’une exploitation sûre et orientée vers la clientèle ainsi que d’un déroulement efficient des activités de construction. La phase de réalisation est planifiée en détail dans le cadre de la poursuite de l’étude de projet, raison pour laquelle la durée des travaux peut encore varier au fur et à mesure de l’approfondissement de la planification. 3. La région de Dagmersellen bénéficiera d’une gare moderne et l’économie régionale d’un bon raccordement au transport de marchandises. L’ensemble du canton profitera de l’extension de l’offre ferroviaire, notamment de la cadence semi-horaire Lucerne–Berne. 4. Le droit fédéral prévoit une séparation claire entre le financement des infrastructures ferroviaires par le fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF) et celui des infrastructures non ferroviaires des villes, des communes ou des cantons par le fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération. Des discussions sont en cours entre les CFF et la commune afin de définir la délimitation financière. Depuis 2020, les collectivités et les entreprises de transport participent aux projets de construction dans les gares de correspondance en fonction de leurs avantages (art. 35a de la loi fédérale sur les chemins de fer). Les mêmes règles s’appliquent dans toute la Suisse. À l’exception d’éventuelles prises en compte des avantages, tels que des effets de synergie, les CFF (ou le FIF) ne peuvent pas participer au financement de la prolongation du passage inférieur pour piétons. Il n’existe pas non plus d’autres mesures de compensation que les CFF pourraient prendre.