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25.4692 · Motion · 2025-12-18

Département de justice et police

Planifié au Conseil national

Wortlaut

Le Conseil fédéral est chargé de mettre en œuvre une stratégie pour combattre la radicalisation des jeunes. Dans le contexte géopolitique actuel, les campagnes de propagande représentent un véritable danger, notamment pour les mineurs.

Begründung

La radicalisation des mineurs en ligne fait partie des plus grandes préoccupations de Fedpol. La police fédérale juge son développement très préoccupant. On assiste en effet à un raccourcissement du temps entre le début de la radicalisation et le passage à l'acte. Au début des années 2000, il fallait un peu plus d'un an pour se radicaliser. Aujourd’hui quelques semaines suffisent, alertent les experts.

Dans le collimateur: les réseaux sociaux, qui agissent comme des accélérateurs. Ils mettent en contact les jeunes avec des communautés en ligne, via des plateformes de jeux vidéo ou des canaux plus cryptés comme Telegram. Et leurs algorithmes renforcent encore la visibilité des contenus problématiques. Les extrémistes se focalisent sur les mineurs les plus influençables, en rupture ou en colère.

La Suisse n’échappe pas à ce phénomène. Au printemps, un mineur a été arrêté pour avoir préparé un attentat terroriste. D’autres jeunes ont récemment été appréhendés, après avoir été endoctrinés par le biais de plateformes de jeux comme Roblox, détournés pour véhiculer de la propagande djihadiste.

Les personnes radicalisées les plus susceptibles de commettre des attentats sont inspirées par la propagande. C’est ce que montre l’attentat terroriste commis ce week-end en Australie. Ces méthodes redoutables, qui propagent des « fake news » et des théories du complot, contribuent à la montée de la radicalisation. Une problématique qui a de quoi nous inquiéter.

Dans sa réponse à mon interpellation 24.3833, le Conseil fédéral reconnaît que les plateformes peuvent avoir une grande influence sur la formation de l'opinion des jeunes mais estime avoir pris des mesures suffisantes. Les experts constatent au contraire une montée de la radicalisation et que notre pays est mal préparé pour y faire face.

Il est temps d’empoigner le problème et d’élaborer une stratégie qui permette de sensibiliser et de protéger nos jeunes.

Antrag des Bundesrates

Adoption

Stellungnahme des Bundesrates

Le Plan d’action national (PAN) de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, qui s’étend de 2023 à 2027, met un accent particulier sur la prévention de la radicalisation des jeunes et l’utilisation avisée d’Internet et des réseaux sociaux. En effet, renforcer l’esprit critique et promouvoir une culture du débat sont essentiels pour former tout spécialement les jeunes à l’utilisation des médias électroniques et des réseaux sociaux. Au titre de la mise en œuvre de ce PAN, l’Office fédéral de la police (fedpol) peut soutenir financièrement des projets issus de cantons, de communes, de villes, d’universités et de la société civile qui visent à lutter contre la radicalisation et l’extrémisme violent sous toutes leurs formes. Ces dernières années, des projets de prévention portés par des tiers et destinés spécifiquement à des jeunes ont ainsi pu bénéficier d’un soutien. La mise en œuvre du PAN actuel donnera lieu comme d’habitude à une évaluation afin de vérifier la mise en œuvre et l’efficacité des mesures. Cette évaluation servira de base à un nouveau plan d’action national de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, qui sera mis en œuvre à partir de 2028. L’objet de la motion sera donc traité lors de l’élaboration du prochain PAN.

Le Conseil fédéral propose d'accepter la motion.