26.3676 · Interpellation · 2026-06-17
Département de l'intérieur
Déposé
Wortlaut
Le 29 février 2024, le Parlement a transmis au Conseil fédéral une motion le chargeant d’élaborer un plan national contre le cancer pour la Suisse. Début 2025, l’OFSP a confié ce mandat à l’organisation Oncosuisse. À l’origine, le projet devait s’articuler autour de quatre axes stratégiques majeurs : la prévention, le dépistage, le traitement et le suivi. Ces axes, qui s’appuient sur la norme minimale exigée par l’OMS, font également partie intégrante du plan européen pour vaincre le cancer. Un plan de lutte contre le cancer devrait en outre prévoir, budgétiser, mettre en œuvre et évaluer des mesures importantes. Le projet actuel, qui a été présenté aux acteurs de la lutte contre le cancer fin mai 2026, ne répond malheureusement pas à ces exigences. À quelques exceptions près, il ne comporte pas de projets et de mesures concrets. On envisage souvent de créer un groupe de travail quand il s’agit de mettre au point des projets. À l’heure actuelle, le contenu du plan national contre le cancer est formulé de manière très vague et non contraignante. Une stratégie claire assortie d’objectifs fait défaut.
Voici les questions que j’adresse au Conseil fédéral :
Pourquoi renonce-t-il à une stratégie d’avenir, assortie d’objectifs clairs, dans le plan national contre le cancer ?
Selon les données du baromètre des soins oncologiques 2026 (*), une grande majorité de la population souhaite que davantage d’investissements soient consacrés à la prévention. Comment le Conseil fédéral compte-t-il promouvoir la prévention du cancer alors que le plan national contre cette maladie ne contient aucun chapitre sur le sujet ?
La motion Lohr réclamant une stratégie d’élimination des cancers dus aux HPV a récemment été adoptée à l’unanimité par la Chambre basse. Pourquoi le Conseil fédéral n’utilise-t-il pas le plan national contre le cancer pour faire avancer la stratégie d’élimination des cancers causés par les HPV ?
Pourquoi le chapitre consacré au dépistage ne définit-il pas de mesures concrètes, de calendriers& et d’objectifs pour la mise en place de programmes de dépistage du cancer ?
Comment le Conseil fédéral fait-il en sorte que la lutte contre le cancer soit coordonnée à l’échelle nationale, mais aussi que la prévention et le dépistage ne dépendent plus, pour les patients, de leurs revenus et de leur lieu de résidence ?
Comment va-t-il garantir l’accès à des traitements anticancéreux optimaux, y compris dans le cadre de la clause de la nation la plus favorisée ?
Comment compte-t-il financer les mesures prévues dans le plan national contre le cancer ?