26.3715 · Interpellation · 2026-06-17
Département de l'économie, de la formation et de la recherche
Déposé
Wortlaut
Dans ses réponses récentes justifiant le rejet de la motion 26.3188, le Conseil fédéral s'est retranché derrière le Code des obligations (CO) pour affirmer que les employés à temps partiel sont protégés. Son argumentation révèle pourtant un double discours face à la réalité du terrain.
Premièrement, le Conseil fédéral admet que selon l'Office fédéral de la statistique (OFS), le ratio d'heures supplémentaires non compensées est plus élevé pour les employés à un taux inférieur à 50 %. Ce groupe, très majoritairement féminin, subit donc une exploitation ciblée. Pourtant, le gouvernement conclut qu'il ne faut rien changer.
Deuxièmement, le Conseil fédéral affirme que les heures supplémentaires sont majorées de 25 % (art. 321c CO) et invoque les « règles de la bonne foi » pour protéger les parents. Or, il omet de préciser que la loi autorise la suppression de cette majoration par simple « accord écrit ». Dans les secteurs précaires, cette suppression est une clause standardisée imposée à la signature du contrat. Face au lien de subordination, la « bonne foi » est une illusion : le travailleur précaire n'a pas le pouvoir de refuser cette flexibilité gratuite.
Le Conseil fédéral constate lui-même, chiffres à l'appui, que les travailleurs engagés à moins de 50 % cumulent le plus d'heures non compensées. Comment justifie-t-il politiquement son refus d'adapter la loi face à cette précarité avérée ?
Le Conseil fédéral reconnaît-il que la possibilité d'annuler la majoration de 25 % par « accord écrit » (art. 321c al. 3 CO) s'est transformée, dans les branches à bas salaires, en un outil systémique permettant d'imposer une flexibilité gratuite aux employés ?
Le Conseil fédéral s'engage-t-il à mandater l'OFS pour publier des données régulières et ventilées (par branche, sexe et taux d'engagement) sur le volume exact des heures supplémentaires payées sans majoration en Suisse ?