26.3730 · Interpellation · 2026-06-18
Département de la défense, de la protection de la population et des sports
Déposé
Wortlaut
Ces dernières années, le Parlement s'est déjà penché à plusieurs reprises sur les risques liés aux hypertrucages (deepfakes), à l’hameçonnage, à l'usurpation d'identité numérique et à d'autres formes de cybercriminalité reposant sur l'intelligence artificielle (IA). En parallèle, un phénomène particulièrement préoccupant se développe à un rythme exponentiel : le clonage vocal (voice cloning), c'est-à-dire la reproduction artificielle de la voix d'une personne à l'aide d'outils d'IA générative.
Selon de nombreux rapports spécialisés et des cas récemment relayés par la presse suisse, il suffit aujourd’hui de quelques secondes d’enregistrement audio – souvent faciles à trouver sur les réseaux sociaux ou en ligne – pour créer des imitations vocales extrêmement crédibles. Les technologies en question sont utilisées pour commettre des escroqueries par téléphone, des demandes frauduleuses de virements bancaires, de fausses commandes urgentes ou des manœuvres frauduleuses à l'encontre de particuliers, d'entreprises et de personnes âgées. L’Office fédéral de la cybersécurité a lui aussi récemment signalé une augmentation des cas d’hameçonnage vocal (voice phishing) plus sophistiqués grâce à l’utilisation de l’IA.
Compte tenu de cette évolution, le Conseil fédéral est prié de répondre aux questions suivantes :
Quels sont les préjudices financiers connus ou estimés imputables, en Suisse, à des cas de clonage vocal ou d’ hameçonnage vocal reposant sur des technologies d’IA ? Le Conseil fédéral dispose-t-il d'analyses concernant l'évolution possible de ce phénomène et des dommages qui en découlent ?
Existe-t-il déjà des formes de coopération structurée entre la Confédération, les cantons, les opérateurs de télécommunications, les plateformes numériques, les prestataires de services technologiques, les banques et d’autres intermédiaires financiers afin d’identifier, de signaler et de prévenir les cas de clonage vocal à des fins frauduleuses ? Si oui, le Conseil fédéral les juge-t-il suffisantes ?
Estime-t-il nécessaire de recueillir des statistiques au niveau national sur les cas de fraude par clonage vocal, en les distinguant des autres formes d’hameçonnage ou de cybercriminalité ?
Quelles mesures de sensibilisation et de prévention ont déjà été adoptées ou sont prévues pour informer la population, en particulier les personnes âgées, les entreprises et les pouvoirs publics, des risques liés à l'utilisation frauduleuse de voix artificielles générées à l’aide de l’IA ?