26.3819 · Motion · 2026-06-18
Département de l'intérieur
Déposé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé de mettre en place un service national de prévention, anonyme et gratuit, accessible notamment au moyen d’un numéro de téléphone dédié, pour les personnes éprouvant des pulsions sexuelles envers des mineurs. Ce service garantira une écoute, un accompagnement et un accès à des thérapies. Le Conseil fédéral est en outre chargé de garantir la disponibilité du service dans toutes les langues nationales en valorisant, en coordonnant ou en consolidant les offres déjà existantes.
Begründung
Au niveau international, des méta-analyses récentes estiment que jusqu’à 18 % des filles et 8 % des garçons ont pu être victimes de différentes formes d’abus. Des études fondées sur des déclarations des personnes concernées indiquent en outre que l’ampleur réelle du phénomène est largement sous-estimée.
La pédophilie est scientifiquement reconnue comme un trouble psychiatrique complexe impliquant des composantes cognitives, émotionnelles et comportementales. Même si ce trouble ne justifie pas cet acte, il existe une dimension clinique qui peut et doit être abordée de manière préventive.
Sur le plan éthique, la protection des mineurs reste la priorité absolue. Cependant, une politique publique ne peut se limiter à la répression après les faits ; il faut intervenir avant que l’acte ne soit commis, en proposant des outils aux personnes à risque. Il est en effet prouvé à l’échelle internationale que les personnes conscientes de leur état cherchent de l’aide.
D’un point de vue économique, l’approche exclusivement répressive entraîne des coûts extrêmement élevés, à savoir les procédures pénales, la détention, ainsi que les coûts sanitaires et sociaux liés au traumatisme des victimes. Investir dans la prévention signifie réduire ces coûts en agissant en amont
Pour ces raisons, il est proposé de renforcer et de coordonner au niveau fédéral un service national anonyme et gratuit destiné aux personnes ressentant des pulsions, accessible notamment au moyen d’un numéro de téléphone dédié. Ce service, géré par des professionnels qualifiés, proposerait une écoute, un accompagnement et un accès à des thérapies. Il pourrait être développé en s’appuyant sur les offres existantes, en les coordonnant ou en les consolidant, tout en garantissant un accès uniforme et accessible dans l’ensemble des régions linguistiques du pays.
Une telle mesure renforcerait la protection des mineurs en permettant d’intervenir avant le passage à l’acte.