93.3011 · Motion · 1992-11-12
Département de justice et police
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est invité à préparer un projet prévoyant le
droit pour les étrangers de prendre part aux élections et votations
en matière communale.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.
Stellungnahme des Bundesrates
Les auteurs de la motion exigent que la Confédération intervienne
afin que les étrangers obtiennent le droit de prendre
part aux élections et votations en matière communale.
En 1971, la constitution a été complétée, à l'occasion de
l'introduction du suffrage féminin, d'une réserve du droit cantonal
en matière de votations cantonales et communales
(art. 74 al. 4 est). L'intention était claire : il ne convenait pas de
remettre en cause la structure federative de l'État ni par conséquent
d'intervenir dans l'organisation des cantons. Si la révision
de 1971 de la Constitution fédérale excluait toute immixtion
dans les compétences des cantons et ceci au sujet d'une
matière aussi fondamentale que l'introduction du suffrage féminin,
le constituant doit a fortiori s'imposer une même réserve
pour ce qui est de l'introduction du droit pour les étrangers
de prendre part aux élections et votations en matière
communale. En effet, contrairement à la situation en matière
de suffrage féminin, la Confédération n'a jamais reçu le
mandat d'introduire le droit de vote des étrangers sur le plan
fédéral.
À l'heure actuelle, seuls les cantons de Neuchâtel et du Jura
octroient aux étrangers qui sont établis sur leur territoire depuis
un certain nombre d'années le droit de prendre part aux
votations et élections. Dans le canton d'Argovie, les citoyens
ont, dans le cadre de la révision totale de la constitution cantonale,
rejeté en 1980 une proposition allant dans ce sens. Dans
le canton de Neuchâtel, une tentative d'introduire l'éligibilité
partielle des étrangers au plan communal a été refusée lors de
la votation populaire du 23 septembre 1990. Des initiatives populaires
réclamant l'introduction pour les étrangers du droit de
prendre part aux votations et élections au niveau communal
sont actuellement en suspens dans plusieurs cantons, alors
que des interventions parlementaires allant dans le même
sens ont récemment échoué dans d'autres cantons, faute de
quorum.
Dans ces conditions, l'intervention de la Confédération n'est
pas de mise. Dénier aux cantons le droit de définir eux-mêmes
l'autonomie de leurs communes reviendrait à saper irrémédiablement
les fondements de notre État fédéraliste.
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.