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94.3410 · Motion · 1994-10-05

Département de l'économie, de la formation et de la recherche

Liquidé

Wortlaut

La Suisse compte actuellement plus de 50 000 jeunes chômeurs âgés de 20 à 29 ans. Un pays qui ne peut plus offrir du travail à ses jeunes qui ont fait l'effort d'obtenir une formation (jeunes gens ayant terminé un apprentissage ou des études) est un pays sans avenir !

Il faut donc impérativement que la Confédération prenne des mesures exceptionnelles afin de contribuer à offrir aux jeunes sans emploi des places de stage d'une durée de six mois par exemple, notamment au sein des régies fédérales (PTT et CFF).

Dans cette optique, je prie instamment le Conseil fédéral de prendre toutes les dispositions utiles à cet effet et de négocier avec les régies fédérales la mise sur pied, en commun, d'un programme extraordinaire de création de places de stage pour les jeunes gens au chômage.

Les modalités d'application devraient être définies d'un commun accord entre les PTT, les CFF et l'Ofiamt. Quant au financement, il pourrait être assuré en majeure partie par la caisse fédérale d'assurance-chômage, le solde étant pris en charge par les régies elles-mêmes.

Begründung

Nous pourrions prévoir, par exemple, la création de quelque 3000 places en permanence pour des stages d'une durée maximale de six mois. Le programme devrait être conçu de manière souple afin de pouvoir s'adapter à l'évolution des besoins en la matière, dans un esprit de partenariat entre les différentes institutions intéressées à ce projet.

L'Ofiamt devrait aussi inciter le secteur privé à agir dans la même direction, selon des modalités à convenir avec les entreprises elles-mêmes.

La révision en cours de la législation fédérale sur l'assurance-chômage a certes prévu de renforcer l'action en faveur des programmes de formation continue, de recyclage ou des programmes d'occupation temporaire et de stages.

Théoriquement, cette solution paraît excellente. Pratiquement, elle pose maints problèmes, car il faut offrir de telles possibilités à plus de 100 000 chômeurs. La tâche est colossale !

Certes, il est plus facile d'organiser des programmes de formation continue ou de recyclage (bien que parfois l'adéquation entre l'offre de formation et les besoins de l'économie laisse à désirer) que de mettre sur pied des programmes valables d'occupation temporaire. Les cantons et les communes qui sont confrontés à ces questions savent combien il est difficile de le faire.

Dès lors, la Confédération, qui est le plus gros employeur du pays et qui va licencier quelque 15 000 personnes d'ici à l'an 2000, devrait aussi apporter sa pierre à la lutte contre le chômage, en particulier dans les régions les plus touchées par ces licenciements.

En effet, il ne suffit pas de demander aux cantons et aux communes d'agir dans ce domaine. Encore faut-il que la Confédération, la première, en donne l'exemple. Ma proposition s'inscrit dans cette optique.

Au lieu de payer des jeunes à ne rien faire, le programme proposé offrirait une réelle chance à la jeunesse au chômage de se rendre utile au pays, tout en complétant sa formation par des stages pratiques.

Antrag des Bundesrates

Le Conseil fédéral propose de transformer la motion en postulat.

Stellungnahme des Bundesrates

La lutte contre le chômage des jeunes constitue, avec celle contre le chômage de longue durée, l'un des objectifs prioritaires du Conseil fédéral dans le combat contre le chômage dans notre pays.

C'est pourquoi le Conseil fédéral a pris les devants dès les premiers mois de l'année 1993, en autorisant une série de mesures destinées spécifiquement aux jeunes, tels par exemple le développement en nombre suffisant de "premiers emplois" auprès des administrations publiques, de stages de formation et stages de pratique en entreprises privées, d'entreprises d'entraînement, d'échange de stages entre régions linguistiques du pays, de séances d'information durant les écoles de recrues, etc., autant de mesures qui ont déjà permis à de nombreux jeunes, en particulier de Suisse romande et du Tessin, régions connaissant un taux de chômage des jeunes presque deux fois plus élevé que la partie alémanique du pays, de prendre pied dans la vie active. En outre, l'Office fédéral du personnel a mis sur pied, dans le courant de l'année 1993, une première expérience d'occupation temporaire d'une durée maximale d'un an pour les ex-apprentis de la Confédération.

L'idée que développe le motionnaire pour les PTT et les CFF va dans la même direction. l'Office fédéral du personnel est disposé à collaborer à la mise sur pied de mesures de cette nature. Les deux régies sont, elles aussi, ouvertes à cette idée. Elles ont déjà passé aux actes (par exemple en continuant à employer leurs ex-apprentis). Force est cependant de constater que les impératifs de gestion imposent aux PTT et aux CFF de gros efforts d'économies et de rationalisation qui ne laissent qu'une petite marge pour des mesures comme celles que réclame l'auteur de la motion.

Dans le développement de son intervention, le motionnaire envisage la possibilité d'offrir 3000 places de stages en permanence, ce qui nous paraît très nettement exagéré. Nous estimons que dans un premier temps la création de quelques centaines de places serait déjà un pas considérable dans la direction souhaitée.

Le Conseil fédéral propose de transformer la motion en postulat.

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