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98.3093 · Interpellation · 1998-03-11

Département de l'économie, de la formation et de la recherche

Liquidé

Wortlaut

1. Le Conseil fédéral est-il conscient du fait que les informaticiens manquent sur le marché suisse du travail et que les entreprises n'offrent pas suffisamment de places d'apprentissage en informatique ?

2. Le Conseil fédéral est-il disposé, avec l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie et en collaboration avec les offices cantonaux de formation professionnelle et les milieux économiques, à promouvoir des filières de formation pour les informaticiens dans l'enseignement secondaire supérieur ?

Begründung

La Suisse manque de main-d'oeuvre qualifiée et hautement qualifiée. Selon les chiffres de l'Office fédéral du développement économique et de l'emploi ainsi que de la société de placement de personnel Computer Brainware Advisors, quelque 10'000 à 12'000 informaticiens font défaut en Suisse. Du point de vue économique, ce manque d'informaticiens est tout aussi intolérable que le chômage des jeunes. La formation d'informaticien est dispensée dans le cadre des universités, des hautes écoles spécialisées ou d'un apprentissage au niveau de l'enseignement secondaire du second degré. Or dans ce troisième cas, le jeu de l'offre et de la demande ne fonctionne pas, puisque le nombre de places d'apprentissage proposées est largement insuffisant.

Si le texte de l'initiative sur les places d'apprentissage qui doit être lancée le 01.05.1998 était déjà en vigueur, il serait possible d'utiliser le fonds de formation, fonctionnant selon un système de péréquation des charges, pour créer, dans les secteurs de métiers nouveaux et porteurs d'avenir, où la demande est largement supérieure à l'offre, des formations scolaires à plein temps, comprenant des stages pratiques, ou des écoles de métiers. Ce fonds permettrait également de promouvoir les écoles de métiers, les centres de formation ou les "entreprises d'entraînement" privés déjà existants et de favoriser la mise en place d'institutions de ce type qui soient rattachées à une entreprise et assurent ainsi une formation en prise directe sur la pratique.

Cette structure n'existe malheureusement pas (encore). Dans l'intérêt de la place économique suisse et des jeunes désireux de se former, je prie cependant le Conseil fédéral de mettre sur pied, en collaboration avec l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie, avec les offices cantonaux de formation professionnelle et avec les milieux économiques, des formations - avec stages pratiques - préparant à la profession d'informaticien, au niveau de l'enseignement secondaire du second degré, et de trouver une solution qui soit réalisable sur le plan financier. Les écoles professionnelles pourraient par exemple, dans le cadre des formations proposées, embaucher directement les apprentis, conclure avec eux un contrat d'apprentissage et se charger de leur trouver des places de stage dans les entreprises. Afin d'exploiter au mieux le potentiel disponible, les jeunes filles doivent être particulièrement encouragées à acquérir des qualifications dans ce domaine. Depuis quelques années, en effet, la proportion des femmes dans les professions informatiques, déjà plutôt faible, est à nouveau en baisse. Les offices cantonaux de formation professionnelle ont déjà montré qu'ils pouvaient faire preuve d'une grande souplesse, comme ce fut le cas dans l'enseignement secondaire du second degré lors de l'introduction d'une formation de médiamaticien, qui consiste, à raison des deux tiers, en une formation scolaire.

Stellungnahme des Bundesrates

Le Conseil fédéral a approuvé le 18 février 1998 la "Stratégie pour une société de l'information" en Suisse. Elle est basée sur les quatre principes centraux de l'accessibilité pour chacun, la qualification de tous, la liberté d'aménagement et l'acceptabilité. Neuf domaines d'action prioritaires ont été définis pour son application ; les départements en charge doivent soumettre des plans d'action d'ici au mois d'août 1998. En premier se place une offensive de formation et de perfectionnement. La formation continue et le perfectionnement professionnel à tous les échelons de la formation font donc partie des objectifs au coeur de la société de l'information en Suisse. Désormais, la Confédération, les cantons et les milieux économiques seront appelés à collaborer étroitement à la mise en oeuvre des mesures de formation nécessaires dans ce domaine.

Il est vrai, notre pays dispose d'excellentes infrastructures d'informatique et de communications. En tant que grands consommateurs d'informatique, nous bénéficions de conditions matérielles idéales pour nous lancer sur la voie de la société internationalement informatisée. La possibilité d'y apparaître comme offreur compétitif de produits et services informatiques constitue une chance inestimable ! De gros efforts sont cependant nécessaires pour saisir cette chance à temps. En effet, le Portefeuille global de notre pays en matière d'informatique et de logiciels demeure insuffisant.

Il est prévu de remédier à ces lacunes par un Programme d'action dès l'an 2000. Les sujets centraux en seront l'informatique, la télématique, les multimédias. Nous prévoyons dans le cadre du message formation, recherche technologie FRT 2000-2003 un budget d'env. 30 mio de francs.

Le Conseil fédéral est conscient du fait que la branche informatique manque de main-d'oeuvre qualifiée. Or, malgré un large éventail de formations proposées (universités, EPF, hautes écoles spécialisées, écoles supérieures, écoles techniques, formations sanctionnées par un brevet ou un diplôme, études post grades dans diverses institutions, etc.), les personnes bénéficiant d'une certaine expérience en matière de projets informatiques ou d'une formation supérieure dans ce domaine ne sont pas assez nombreuses à répondre aux offres d'emploi.

L'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFPT) tente actuellement de déterminer quel niveau de qualification est le plus touché par le manque de postulants, ce qui va lui permettre d'adapter par la suite les prescriptions de formation dans le domaine de la formation professionnelle supérieure.

Quant aux questions posées, le Conseil fédéral retient que :

1. Dans la formation en informatique, la demande des jeunes dépasse largement les possibilités d'apprentissage proposées. Pour cette raison, la Confédération entend mettre tout en oeuvre, en collaboration avec les cantons, pour convaincre les milieux économiques de la. nécessité de créer de nouvelles places d'apprentissage dans cette branche.

2. Par ailleurs, grâce aux moyens mis à disposition dans le cadre de l'arrêté sur les places d'apprentissage, l'OFPT et ses partenaires projettent la mise en place, dans le domaine de l'informatique, de formations scolaires d'une année à plein temps - assorties, le cas échéant, de stages en entreprise - destinées aux jeunes qui viennent de terminer la scolarité obligatoire. Cette mesure prévoit, pour ceux qui auront achevé avec succès cette année de formation, l'admission en deuxième année d'apprentissage de l'une des professions de l'informatique. L'objectif poursuivi par l'OFPT est cependant plus ambitieux : il est d'offrir à ces jeunes la possibilité d'accéder ultérieurement, par la voie de la maturité professionnelle, aux études des hautes écoles spécialisées. A moyen terme, an devrait ainsi parvenir à palier le manque, déjà perceptible aujourd'hui, d'informaticiens bénéficiant d'une formation de niveau universitaire.

Réponse du Conseil fédéral.

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