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98.3193 · Postulat · 1998-04-29

Département de l'économie, de la formation et de la recherche

Liquidé

Wortlaut

Le Conseil fédéral est prié de faire une étude de marché féministe globale incluant les constats sur les causes du chômage (de longue durée) beaucoup plus élevé chez les femmes que chez les hommes et les réflexions concernant l'accès des femmes aux programmes d'occupation et de formation continue.

Begründung

La situation économique et sociale des femmes s'est fortement dégradée ces dernières années. Les statistiques suisses démontrent que le taux de chômage des femmes est plus élevé que celui des hommes (selon l'OFS, en 1997 : taux de chômage des hommes : 4,9 % ; taux de chômage des femmes : 5,7 %).

Les femmes ont plus de difficultés sur le marché du travail que les hommes, notamment parce qu'elles ont souvent des formations moins poussées que les hommes et qu'elles doivent assumer la double tâche de travail professionnel et familial. Malgré l'évolution des mentalités et certaines prises de conscience, l'accès à des postes de cadres est beaucoup plus difficile pour les femmes que pour les hommes. Elles sont dès lors les premières victimes de mesures de restructuration dans les entreprises. De plus, leurs places de travail à temps partiel sont souvent des places précaires vouées à l'abandon dès les premières difficultés.

Par ailleurs, nous savons que les femmes doivent faire face à certains préjugés tenaces qui veulent qu'une femme n'a besoin que d'un salaire d'appoint lorsqu'elle se présente aux offices régionaux de placement. Des conseillers en placement envoient souvent les femmes chômeuses qui s'adressent à eux dans des postes non qualifiés alors qu'ils prennent plus de temps à étudier les possibilités de carrières de demandeurs d'emploi masculins.

L'on peut également constater que même lors d'une baisse du chômage les femmes ne sont pas les premières à en profiter. Elles sont en effet plus vite éliminées du marché du travail qu'acceptées. Sans parler des salaires toujours inférieurs de ceux de leurs collègues masculins quand elles ont la possibilité d'exercer un travail lucratif.

En Suisse, aucune étude n'est disponible sur l'accès des femmes au marché du travail ni sur les conditions et les causes du chômage féminin. Si l'on veut lutter contre le chômage des femmes et prendre des mesures pour une égalité (dans les faits) entre femmes et hommes sur le marché du travail il est indispensable de connaître les tenants et aboutissants des inégalités actuelles.

Antrag des Bundesrates

Le Conseil fédéral propose de classer le postulat.

Stellungnahme des Bundesrates

Le Conseil fédéral n'ignore pas qu'il est particulièrement difficile pour les femmes au chômage de se réinsérer dans le monde du travail et que le pourcentage des femmes en chômage de longue durée ou en fin de droits est supérieur à celui des hommes. Dès que la Commission de surveillance du fonds de compensation de l'assurance-chômage a eu connaissance de cet état de fait, elle a commandé des études sur le chômage qui prennent également en compte les différences entre les sexes. Deux études, particulièrement intéressantes à ce sujet, seront publiées cette année : l'étude d'Aeppli et al. sur la situation des chômeurs en fin de droits en Suisse et celle de Sheldon sur les causes et les conséquences du chômage de longue durée en Suisse paraîtront cet été.

Vu les études en cours ou récemment publiées, le Conseil fédéral estime qu'une étude supplémentaire n'est pas indispensable pour l'instant, mais qu'il convient plutôt de mettre à profit les résultats obtenus et de prendre les mesures qui s'imposent.

Quant à l'accès des femmes aux programmes d'occupation ou de formation continue, il faut rappeler que, selon la répartition des compétences entre la Confédération et les cantons, ces derniers sont responsables de la mise en oeuvre des mesures de marché du travail. La Confédération n'en recommande pas moins aux cantons de prendre en considération les besoins spécifiques des femmes dans l'organisation de leurs programmes en vue de faciliter la réinsertion des femmes dans le monde du travail. Aujourd'hui déjà, il existe une offre considérable de places pour les chômeuses dans le cadre de ces programmes. Pour plus d'informations, le Conseil fédéral renvoie à sa réponse au postulat Keller Christine (98.3195).

Le Conseil fédéral propose de classer le postulat.