98.3395 · Interpellation · 1998-09-23
Département de l'intérieur
Liquidé
Wortlaut
Devant l'essor spectaculaire de la Chine et du Japon aux niveaux économique et politique, le Conseil fédéral est-il prêt à entreprendre des actions de promotion de l'apprentissage des langues chinoise et japonaise et de leur civilisation ? Cet effort se ferait bien entendu de concert avec les autorités cantonales et universitaires concernées, ainsi qu'avec les écoles polytechniques fédérales et sous l'égide du Groupement de la science et de la recherche et de l'Office fédéral des affaires économiques extérieures.
Begründung
Une récente retraite anticipée de la part du professeur responsable des études chinoises de l'Université de Genève a attiré l'attention sur de réelles carences dont la solution est devenue urgente : l'enseignement des langues extrême-orientales n'est pas suffisamment développé et n'est pas doté des moyens nécessaires, notamment en ce qui concerne le chinois et le japonais.
Considérant les enjeux de l'importance que revêtiront ces langues d'ici une ou deux générations, mais compte tenu du fait, également, qu'il s'avère impossible de pénétrer dans les cultures et de comprendre les attitudes de ces très puissants pays et économies sans de jeunes ressortissants suisses qui maîtrisent ces langues, l'interpellateur estime indispensable qu'une réflexion soit conduite et un plan d'action arrêté. (La problématique est bien décrite dans un livre de Jean-François Billeter, "Mémoire sur les études chinoises à Genève et ailleurs", Editions Slatkine, Genève 1998.)
Stellungnahme des Bundesrates
Le Conseil fédéral partage l'avis de l'interpellateur : compte tenu du développement des relations économiques, politiques et culturelles avec les pays d'Asie, les études chinoises et japonaises - les études asiatiques en général - sont un domaine d'avenir pour l'enseignement et la recherche universitaire. La formation de sinologues et de japonologues gagnera assurément en importance.
Dans son message du 28 novembre 1994 relatif à la promotion de la science durant la période 1996-1999 (FF 1995 I 821, ch. 122.5), le Conseil fédéral cite les "area studies" parmi les thèmes prioritaires à développer. Ce projet d'enseignement universitaire tend à promouvoir l'étude d'ensemble des espaces géographiques et culturels qui - c'est le cas de l'Asie - sont d'un intérêt politique ou économique particulier pour notre pays. Diverses universités suisses ainsi que les EPF proposent des cycles d'études relevant de ce domaine. La Conférence universitaire suisse porte une attention particulière au développement coordonné des études asiatiques - études chinoises et japonaises comprises - dans le cadre de son plan pluriannuel. Le Conseil suisse de la science a établi, quant à lui, un rapport de base sur l'approche "area studies" dans les études asiatiques.
Il faut noter encore la création, en 1996, du Conseil des études asiatiques par la Conférence des recteurs des universités suisses. Ce Conseil a présenté des propositions pour une meilleure répartition des tâches entre les universités : il préconise la création de centres d'excellence pour les études asiatiques (enseignement et recherche) avec, de préférence, un centre dans chacune des deux principales régions linguistiques de notre pays. La réalisation de plusieurs projets s'est heurtée à l'obstacle financier ; le dégagement de nouvelles ressources (p. ex. dans le cadre de l'accord intercantonal universitaire) est à l'étude. La Confédération finance les activités des écoles polytechniques fédérales ; elle soutient certains projets par l'intermédiaire du Fonds national suisse de la recherche scientifique et - de manière directe ou indirecte - par l'aide aux universités. Des programmes d'échanges avec les pays d'Asie existent aussi au niveau des hautes écoles spécialisées (p. ex. la HES technique de Saint-Gall et l'École d'ingénieurs du Locle qui ont des projets de coopération en Indonésie). La Fondation Suisse/Asie qui est soutenue par la Confédération oeuvre elle aussi à faire mieux connaître les civilisations chinoise et japonaise. Enfin, la Confédération encourage les échanges scientifiques et culturels avec les pays d'Asie par l'intermédiaire du réseau des attachés scientifiques, qu'elle entend renforcer.
Réponse du Conseil fédéral.