99.3304 · Postulat · 1999-06-17
Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
Liquidé
Wortlaut
D'après la direction générale de la SSR, les trois points du mandat confié à Radio Suisse internationale (SRI), c'est-à-dire :
1. la promotion de la présence de la Suisse à l'étranger,
2. le maintien du contact avec la Cinquième Suisse,
3. la contribution à la compréhension entre les peuples,
doivent être revus à la baisse.
Cette révision du mandat comporterait la suppression de la diffusion par ondes courtes et par satellite des programmes de SRI, qui seraient composés d'éléments tirés de la production des unités d'entreprises régionales (DRS, RSR et RSI) et seraient diffusés exclusivement par Internet.
J'invite le Conseil fédéral à :
1. réaffirmer et renforcer la validité des trois points du mandat confié à SRI cités plus haut ;
2. s'assurer que la SSR s'emploie à :
- résoudre le problème de la diffusion en ondes courtes grâce à un émetteur suffisamment puissant qui permette une bonne qualité d'écoute en Europe et dans le reste du monde ;
- promouvoir la rediffusion par satellite des programmes de SRI par des radios tierces à l'étranger,
- veiller à ce que la diffusion de ces programmes utilise des vecteurs diversifiés (ondes courtes, satellite, Internet, cassettes audio, câble);
- veiller au maintien de programmes radio multilingues spécialement conçus pour un public à l'étranger, qu'il s'agisse de Suisses de l'étranger ou d'étrangers intéressés à la Suisse.
Begründung
Les trois volets du mandat de SRI sont plus que jamais d'actualité. La Suisse se trouve aujourd'hui fort isolée sur la scène internationale et il est d'importance vitale que l'on puisse présenter et expliquer aux opinions publiques des autres pays, à commencer par l'Europe, notre point de vue sur tous les principaux arguments politiques, économiques, sociaux et culturels, aussi bien de portée interne qu'internationale.
En ce qui concerne le demi million de Suisses de l'étranger, qui depuis 1992 jouissent du droit de vote par correspondance, ils doivent pouvoir s'informer sur tous les aspects de la vie dans leur pays d'origine et SRI joue à cet égard un rôle-clé. Il s'agit-là d'un prolongement du service public pour la Cinquième Suisse auquel la SSR ne peut pas se soustraire. En plus des programmes radiophoniques, la production et l'envoi à nos compatriotes à l'étranger de cassettes audio avec les explications des enjeux de votations et des élections fédérales doivent pouvoir continuer.
Le point du mandat concernant la contribution de SRI en faveur de la compréhension entre les peuples ne peut pas être supprimé simplement parce que les résultats sont trop difficilement quantifiables. La Suisse, pays de grande tradition humanitaire et aujourd'hui à la pointe dans de nombreux secteurs, a les moyens de cet objectif ambitieux.
Au sujet des ondes courtes, on entend souvent dire qu'il s'agit-là d'un vecteur désuet. Toutefois, elles restent le seul moyen de diffuser des programmes radiophoniques dans toutes les parties du monde et d'atteindre un public suisse et international même en déplacement. De plus, les ondes courtes sont en évolution. D'importantes radios internationales comme la BBC ou Deutsche Welle sont en train d'expérimenter la nouvelle technologie des ondes courtes digitales, qui paraît très prometteuse.
La rediffusion par des stations radio tierces à l'étranger de programmes de SRI permet aujourd'hui déjà d'atteindre un public qui se chiffre en millions, par exemple en Italie et en France. Il est ainsi possible de proposer à ce public-là de nombreuses informations sur la Suisse et en provenance de la Suisse. Le satellite est un vecteur privilégié pour promouvoir l'image de notre pays à l'étranger, d'autant plus que les coûts de cette technologie sont très modestes (environ Frs 50'000.-- par année pour la location d'un canal satellite).
La diffusion des programmes de SRI exclusivement via Internet, comme le préconise la direction de la SSR, paraît un choix prématuré. Internet est un media qui connaîtra certainement d'autres développements fulgurants, mais aujourd'hui il n'a pas encore atteint une diffusion si généralisée et un prix si avantageux pour ses utilisateurs pour qu'on puisse en faire le vecteur exclusif pour la diffusion d'informations au sens du mandat de SRI.
Le recours à des programmes des unités d'entreprises régionales (DRS, RSR, RSI) est déjà une réalité, mais SRI ne peut pas proposer exclusivement ces programmes, produits pour un public régional et local, à un public international et de Suisses de l'étranger.